Marc Geoffroy : La chute du Mur de Berlin n'est pas le fruit d'une "décision mais des faits"

Marc Geoffroy, écrivain, fondateur de la société d’édition phonographique France Productions et des éditions Soukha et Diffusia.fr, auteur de "Le mur de Berlin, histoire et chute" (Diffusia) était l’invité d’André Bercoff, vendredi 8 novembre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Marc Geoffroy invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

À la veille du trentième anniversaire de la chute du mur de Berlin, Marc Geoffroy revient sur l'histoire de ce mur de la honte et le déroulement de cette soirée historique.

 

Une construction éclaire

Ce mur a été construit en une nuit du 12 au 13 août 1961 "pour endiguer une hémorragie de forces vives". La République démocratique d'Allemagne (RDA) a perdu plus de 3 millions d'habitants entre 1949 et 1961, "essentiellement des forces vives", la moitié était en effet âgée de moins de 25 ans. "C'était une opération préparée en plusieurs étapes", affirme Marc Geoffroy. "Du jour au lendemain, 150 kilomètres de barbelés puis de mur ont été installés", note-t-il. Le mur était fait également pour séparer Berlin-Ouest plongé au cœur de la RDA.

Durant les 28 ans de séparation, de nombreux subterfuges ont été trouvés pour traverser la frontière. "L'imagination était vraiment fertile", remarque Marc Geoffroy. "Les premiers, c'était des passeports déclarés perdus puis filés à des copains", raconte l'auteur. "Petit à petit ça s'est affiné". Des réfugiés ont tenté l'aventure dans des montgolfières, et même dans des valises. Marc Geoffroy rapporte le cas d'un jeune autrichien "qui a trouvé une voiture qui permettrait de passer sous les barrières. Il a emmené sa dulcinée et même sa belle-mère".

Un événement parti de malentendus

"Il n'y a pas eu de décisions mais des faits", raconte Marc Geoffroy. "Ça part d'un quiproquo", Günter Schabowski, porte-parole du régime était l'invité à la télévision pour présenter des nouveaux plans du visa pour pouvoir permettre à certains de traverser plus facilement la frontière. "Mais Günter Schabowski n'est pas au courant des dernières mesures", remarque l'éditeur. Alors à 18h57 précisément, un journaliste italien demande des précisions sur la manière dont les nouvelles mesures s'appliqueraient. Günter Schabowski répond que "les citoyens vont pouvoir voyager tranquillement à l'ouest". Un autre journaliste le reprend et demande à quel moment la mesure s'appliquera. "Günter Schabowski n'est pas du tout au courant, il cherche dans ses notes, il est décontenancé" et annonce que l'effet entre en vigueur "immédiatement".

Ensuite, les choses vont très vite. "Un journaliste va directement sur son téléphone et donne l'information", rapporte Michel Geoffroy. À 19h05, la dépêche est publiée dans le monde entier. À 19h30 l'annonce passe à la télévision est-allemande, puis à l'ouest à 20 heures. "Les gens vont voir ce qui se passe, une foule intense se masse près des check-points", raconte l'écrivain. Tellement intense, "qu'à 23h37 un commandant donne l'autorisation d'ouvrir les barrières". Berlin va alors connaître sa nuit la plus longue. Une nuit de fête et d'allégresse.

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

 

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