J-J. Dorado : "L'indépendance serait un suicide économique et politique pour la Catalogne"

Juan José Dorado (Journaliste et correspondant espagnol à Paris pour le magazine "La Région") était ce vendredi l'invité de Véronique Jacquier dans le Grand Soir Sud Radio.

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Tous les regards de l'Europe se tourneront ce week-end vers la Catalogne, où les indépendantistes vont tenter d'organiser un référendum d'autodétermination tant redouté par le pouvoir central de Madrid, qui considère ce scrutin comme illégal. Alors que la tension est à son comble, notamment après l'envoi sur place de renforts de police par le ministère de l'Intérieur, les séparatistes catalans ont tout de même bien l'intention de braver l'interdiction du gouvernement. Un climat propice à la division voire aux affrontements et qui suscite l'inquiétude, comme nous l'explique Juan José Dorado.

"La moitié de la Catalogne est contre ce référendum"

Invité ce vendredi du Grand Soir Sud Radio, ce journaliste espagnol installé à Paris nous donne quelques informations à moins de 48h du moment fatidique. "La tension monte depuis quelque jours et c'est vrai que beaucoup de Catalans, côté indépendantistes, commencent à sortir dans les rues", explique-t-il. "Il y a une présence dans la rue qui est assez importante, notamment le parti CUP (Candidatura d'Unitat Popular ndlr), parti de gauche radicale anti-capitaliste, qui a appelé tous ses militants à occuper la rue et aller devant les collèges électoraux pour que les installations des urnes puissent se faire", précise-t-il. "Dans les prochaines heures et notamment demain, ce sera un peu le moment critique dont tout le monde a peur parce qu'il va falloir que les indépendantistes installent des urnes mais de l'autre côté, la police et la justice ont ordonné que ces collèges électoraux ne soient pas ouverts donc on est inquiet, parce qu'il pourrait y avoir des provocations, d'un côté comme de l'autre", constate-t-il avec crainte.

Notre confrère va même plus loin en évoquant purement et simplement un risque de conflit, encore impensable il y a peu. "On entre dans une guerre de territoire, dans la mesure où la justice a interdit le référendum et a prévenu qu'aucun local municipal ne devait être mis à disposition. Mais des maires de Catalogne vont braver cette interdiction et essayer d'ouvrir ces collèges électoraux (...), il y a donc un risque de confrontations", affirme-t-il. Dans ces conditions, le scrutin peut-il et va-t-il avoir lieu ? Pour Juan José Dorado, la question ne se pose même pas : "Le scrutin n'aura pas lieu puisqu'il ne va y avoir certainement que des dizaines ou centaines de collèges électoraux installés dans des villages où la mairie est aux mains des indépendantistes, mais ça ne représente qu'une toute partie de la Catalogne", rappelle-t-il. "La Catalogne, c'est quand même plus de 7 millions d'habitants, dont la moitié est contre ce référendum et n'ira pas voter", surenchérit-il. Selon lui, ce scrutin "n'a aucune valeur parce qu'il n'y a aucune garantie démocratique". Et l'intéressé de conclure que l'indépendance "serait un suicide économique pour la Catalogne et un suicide politique parce qu'elle serait en dehors de l'Union européenne".