Près de 60 000 personnes sont entrées illégalement dans l’enclave espagnole de Ceuta en l’espace de quelques heures jeudi 30 juillet dernier. Un afflux d’une ampleur inédite. Comment une telle situation a-t-elle été possible ?
Ceuta : un arrêt de la Cour suprême espagnole
"Il y a plusieurs causes possibles, explique Patrick Martin-Genier, spécialiste des relations internationales et enseignant à Sciences Po Paris, au micro de Jacques Cardoze, sur l’antenne de Sud Radio. On a parlé d’une crise migratoire. Manifestement, il s’agissait d’une attaque hybride, causée par différentes choses. En premier lieu, les réseaux sociaux ont joué un rôle très important. Il y a eu une mauvaise interprétation d’un arrêt de la cour suprême espagnole."
"Elle a rendu une décision très importante, au terme de laquelle les migrants marocains qui arrivaient par la mer ne pouvaient pas être rejetés dans leur pays d’origine. Des milliers de jeunes ont reçu des messages selon lesquels les frontières entre l’Espagne et Ceuta étaient désormais ouvertes. Cela a précipité le départ de milliers de jeunes Marocains." Pour autant 60 000 personnes constitue un afflux massif." Le Maroc a-t-il laissé faire ? "Manifestement, il a laissé faire. Le silence du gouvernement marocain était assez étrange. Il n’a réagi que ce matin en disant ne pas avoir vu ce qui s’était passé. Tant les autorités marocaines qu’espagnoles n’ont pas été à la hauteur de la situation."
🇪🇸🇲🇦 Ceuta : « C'était une attaque hybride »
🗣️ Patrick Martin-Genier, spécialiste des relations internationales et enseignant à Sciences Po Paris : « Il y a eu une carence des autorités marocaines. Elles ont laissé faire »
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— Sud Radio (@SudRadio) August 3, 2026
"Une migration économique"
"Si le Maroc a voulu nuire à l’Espagne, ce n’était pas dans son intérêt, estime Patrick Martin-Genier, spécialiste des relations internationales et enseignant à Sciences Po Paris, sur l’antenne de Sud Radio. Il existe des divergences entre eux sur le Sahara occidental. Le dirigeant du front Polisario a été soigné en Espagne durant la crise du Covid. Récemment, le premier ministre Pedro Sanchez s’était rendu en Algérie. Il existe en effet des motifs de colère entre ces deux pays. Mais ce n’est pas dans l’intérêt du Maroc de multiplier les conflits avec l’Union Européenne."
L'Espagne assure que la "quasi-totalité" des migrants " sont "déjà retournés au Maroc". Est-ce crédible ou Pedro Sanchez veut-il surtout rassurer ? "Il n’a pas la main. Il existe une excellente coopération entre le Maroc et l’Espagne. Beaucoup de jeunes sont repartis. Pour l’essentiel, il s’agit d’une migration économique. Il y a eu cet arrêt de la Cour suprême, des jeunes vont probablement solliciter l’asile auprès des autorités espagnoles. On ne peut pas renvoyer totalement tous ces jeunes. Il y a aussi des jeunes mineurs non accompagnés. Si des demandes d’asile sont déposées, l’Espagne sera dans l’obligation d’étudier ces demandes. Tous ces migrants ne sont donc pas repartis au Maroc."
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