Après la Pologne, le Venezuela demande aussi à Macron de se mêler de ses affaires

Emmanuel Macron au Mont Valérien, 18 juin 2017 (©Bertrand Guay - AFP)

Si les premiers pas d’Emmanuel Macron sur le plan international avaient été globalement salués, le président de la République commencent aujourd’hui à s’attirer quelques sérieuses critiques.

L’état de grâce international d’Emmanuel Macron a-t-il déjà pris fin ? Alors que son élection face à Marine Le Pen, son soutien sans faille à l’Accord de Paris sur le climat et sa main tendue à Vladimir Poutine et Donald Trump ont globalement été salués ces derniers mois, les derniers jours du chef de l’État sur la scène internationale ont été quelque peu plus compliqués. Après avoir notamment déclaré que la Pologne se mettait d’elle-même "en marge de l’Union européenne" suite au refus de cette dernière de modifier la directive sur les travailleurs détachés, Emmanuel Macron s’était attiré une volée de bois vert de la part de la Première ministre polonaise Beata Szydlo.

"Peut-être ses déclarations arrogantes sont-elles dues à son manque d'expérience et de pratique politique, ce que j'observe avec compréhension, mais j'attends qu'il rattrape rapidement ces lacunes et qu'il soit à l'avenir plus réservé. Je conseille à M. le président qu'il s'occupe des affaires de son pays, il réussira alors peut être à avoir les mêmes résultats économiques et le même niveau de sécurité de ses citoyens que ceux garantis par la Pologne", avait-elle déclaré.

"Déclarations lamentables", "ingérence"… Le Venezuela se paye Macron

Ce mercredi, c’est le Venezuela qui a fermement réagi à des propos d’Emmanuel Macron. S'exprimant devant les ambassadeurs français réunis à Paris, Emmanuel Macron s'était demandé mardi "comment certains ont pu être aussi complaisants avec le régime qui se met en place au Venezuela". "Une dictature tente de se survivre au prix d'une détresse humanitaire sans précédent, de radicalisations idéologiques inquiétantes, alors même que les ressources de ce pays restent considérables", avait-il lancé.

Sans surprise, le ministère des Affaires étrangères du Venezuela a fait part dans un communiqué de son "ferme rejet des déclarations lamentables" d'Emmanuel Macron, qui "constituent une ingérence claire dans les affaires intérieures" du pays. "Ces déclarations portent atteinte aux institutions vénézuéliennes et semblent provoquées par l'obsession permanente et impériale d'attaquer notre peuple, en ignorant les principes les plus élémentaires du droit international", ajoute le ministère, qui attribue les propos du président français à "une profonde méconnaissance de la réalité" de ce pays.

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