Nathalie Renoux - "Appel à témoins" : "On n'est pas dans le voyeurisme !"

La journaliste Nathalie Renoux et le Général Fabrice Bouillié, chef du service central de renseignement criminel de la Gendarmerie nationale, que vous retrouverez lundi 7 juin dans la nouvelle émission de M6 "Appel à Témoins", étaient les invités de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 7 juin dans "Le 10h - midi".

La journaliste Nathalie Renoux et le Général Fabrice Bouillié, chef du service central de renseignement criminel de la Gendarmerie nationale, invités de Valérie Expert dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

"Appel à Témoins" : "On n'est pas dans la dénonciation mais dans la volonté de réinterroger les mémoires"

Nathalie Renoux présente avec Julien Courbet sur M6 la nouvelle émission "Appel à Témoins", diffusée pour la première fois en partenariat avec les ministères de l'Intérieur et de la Justice. "Le principe de l'émission est de lancer un appel à témoins, qui est un outil que la gendarmerie et la police peuvent utiliser de manière assez fréquente dans les enquêtes, explique Nathalie Renoux. Cette fois, on lui donne une caisse de résonance nationale et forte puisque c'est une émission de télévision et nous sommes en direct. À tout moment, les téléspectateurs qui se sentent interpellés et qui ont des choses à dire pourront appeler ou envoyer un mail. La journaliste précise que les appels ne seront pas reçus en direct. Cette collaboration avec les ministères de l'Intérieur et de la Justice est assez nouvelle dans la façon dont on a travaillé sur l'émission".

Chaque année, 50.000 personnes disparaissent, dont 10.000 restent inexpliquées, souligne Valérie Expert. Pourquoi avoir accepté de collaborer avec la télévision ?, s'interroge-t-elle. "C'est une première oui et non puisqu'avec les médias et le ministère de la Justice, on forme un trinôme indissociable dans ce type de levier d'action que sont les appels à témoin, précise le Général Fabrice Bouillié, chef du service central de renseignement criminel de la Gendarmerie nationale. La télévision est une caisse de résonance sur une heure de grande écoute, confirme-t-il, on va pouvoir réinterroger les mémoires et mobiliser la société dans son ensemble, au moment même de l'événement".

Il s'agit ici de cas plus anciens, qui n'ont pas trouvé une finalité, certains datent de 2015. "L'objectif de ce type d'opérations, à partir du moment où on n'a pas de scène de crime bien entendue, nous avons toujours espoir de retrouver la personne vivante, confie le Général Fabrice Bouillié. Le premier objectif de notre travail est de donner des réponses aux familles, de leur démontrer que nous ne lâchons rien, que nous restons mobilisés sur ces dossiers qui ne doivent pas tomber dans l'oubli. On n'est pas dans la dénonciation mais dans la volonté de réinterroger les mémoires, réinterroger chaque pièce de procédure et voir si on n'a pas oublié quelque chose". "On appelle les gens à se souvenir de faits qu'ils ne pensaient pas importants. Cette petite pièce du puzzle s'imbriquera peut-être avec d'autres pièces pour reconstituer l'histoire", ajoute Nathalie Renoux.

 

Nathalie Renoux : "On n'est pas dans le voyeurisme !"

N'est-ce pas gênant que la télévision joue ce rôle ? "Nous serons sur le plateau avec les familles des trois cas que nous traiterons, explique Nathalie Renoux. Ces gens sont depuis des années dans le mystère, l'attente de réponse, dans l'incertitude. La souffrance de ces situations est plus importante que l'idée d'un voyeurisme. Dans les vidéos de reconstitution, on reste très sobres, on s'appuie sur du témoignage, on travaille dans le respect des familles, en collaboration avec la police et la gendarmerie. On n'est pas dans le voyeurisme !, insiste-t-elle. On veut éviter cet écueil-là car la matière criminelle est délicate".

Ce sont des gendarmes et policiers qui prendront les appels. "Nous comptons aussi beaucoup sur l'adresse internet, affirme le Général Fabrice Bouillié. Les gens spontanément ne prennent pas le téléphone". Comment ont été choisis les 3 cas diffusés lors de la première émission ? "Ce sont des affaires sur lesquelles on peut avoir un espoir d'apporter quelque chose grâce à 'Appel à témoins'", assure Nathalie Renoux. "Un appel à témoins est un levier d'action, explique le Général Fabrice Bouillié. C'est un facteur de réussite potentielle, il faut l'utiliser !"

Est-ce un moyen aussi pour la gendarmerie et la police de communiquer ? s'interroge Gilles Ganzmann. Pour le Général Fabrice Bouillié, "ce type d'émission est intéressant pour remplir l'une des missions qui nous est confiées. Pour la gendarmerie nationale, la police judiciaire est 40% de son activité quotidienne. Là, nous sommes dans le haut du spectre, sur des affaires criminelles ; c'est simplement la démonstration de notre quotidien, on n'est pas là pour faire du sensationnel, on est simplement venus à cette émission pour mobiliser les âmes".

 

 

 

 

 

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Retrouvez l'invité média de Valérie Expert et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h00 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

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