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L'humeur de Périco Légasse : « Marine Le Pen acceptera-t-elle d’être Première ministre ? »

OPINION SUD RADIO - Périco Légasse revient sur les spéculations autour d’une éventuelle victoire du Rassemblement national en 2027 et sur le rôle respectif de Jordan Bardella et Marine Le Pen.

L'humeur de Périco Légasse : « Marine Le Pen acceptera-t-elle d’être Première ministre ? »
Alain JOCARD - AFP

Ces dernières heures, de nombreux observateurs politiques ont commenté la place désormais solidement installée du Rassemblement national dans le paysage politique français. Les sondages évoquent un scénario où Jordan Bardella, voire Marine Le Pen, atteindraient entre 35 et 36 % au second tour de l’élection présidentielle.

Mais une interrogation demeure : la justice autorisera-t-elle Marine Le Pen à se présenter en 2027 ? Tous les scénarios sont envisagés. Certains rappellent qu’elle reste la figure centrale du RN, quand d’autres s’interrogent sur l’expérience de Jordan Bardella.

"Marine Le Pen risque d’affaiblir sa légitimité actuelle de candidate"

Interrogée, Marine Le Pen a affirmé que si elle devenait présidente de la République, elle nommerait Jordan Bardella comme Premier ministre. En revanche, elle a précisé qu’elle n’accepterait pas Matignon si Bardella accédait à l’Élysée. Une position qui relève aussi d’une stratégie : elle ne peut pas donner le sentiment d’anticiper une éventuelle inéligibilité, au risque d’affaiblir sa légitimité actuelle de candidate.

Pour autant, certains s’inquiètent d’un manque d’expérience de Jordan Bardella en cas de victoire. Cette crainte doit être nuancée au regard des institutions françaises. L’article 20 de la Constitution de 1958 est clair : « le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation ». Autrement dit, même si le président de la République dispose de pouvoirs importants, c’est le Premier ministre et son gouvernement qui exercent concrètement l’essentiel de l’action exécutive.

"Le chef du gouvernement est au cœur de la conduite des affaires du pays"

Historiquement, cette répartition a parfois été déséquilibrée, notamment lorsque le président dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale. Mais le principe demeure : le chef du gouvernement est au cœur de la conduite des affaires du pays. Ainsi, dans l’hypothèse d’un ticket Bardella–Le Pen, avec Bardella président et Le Pen Première ministre, les rôles seraient institutionnellement complémentaires.

Le président exercerait ses prérogatives, tandis que la cheffe du gouvernement déterminerait et conduirait la politique nationale, apportant son expérience au sommet de l’État. Reste une inconnue : Marine Le Pen acceptera-t-elle un tel rôle, alors qu’elle affirme aujourd’hui le contraire. Mais sur le plan institutionnel, une telle configuration ne poserait pas de problème majeur.

"Les institutions de la Ve République prévoient un équilibre des pouvoirs"

En définitive, au-delà des personnes, les institutions de la Ve République prévoient un équilibre des pouvoirs qui permettrait d’assurer la continuité de l’État. C'est une précision que je voulais apporter, c'est surtout pas une opinion politique, c'est juste dire que les institutions françaises sont ainsi faites dans la 5ème République, qu'entre un président de la République qui exerce ses pouvoirs, et un Premier ministre qui assume les siens au nom de l'article 20, la République est gouvernée comme il faut.

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