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Les opérations “place nette” sont-elles efficaces ?

Par Jean Baptiste Giraud

Que pense Martine Monteil, ancienne patronne de la police judiciaire, des opérations "place nette" de Gérald Darmanin ?

place nette
Le président Emmanuel Macron (2e g) et le préfet de police des Bouches-du-Rhône Pierre-Édouard Colliex (g), lors d'une visite axée sur la lutte contre le trafic de drogue dans le quartier de La Castellane, à Marseille, le 19 mars 2024 (Christophe Ena - POOL/AFP)

Plusieurs opérations "place nette" de lutte contre les trafiquants de drogue sont menées en France. On compte pour l’instant environ 500 interpellations. Mais au-delà de leur nom, sont-elles efficaces ?

Place nette : les ex opérations coup de poing

"Dans les années 1980, on les appelait des opérations coup de poing, explique Martine Monteil, ancienne patronne de la police judiciaire, qui a dirigé les brigades des stupéfiants et du proxénétisme à la Préfecture de Paris. On intervenait sur les points chauds de la capitale ou en petite couronne. Là où il y avait de gros abcès en matière de trafic de stupéfiants."

"Ces opérations étaient menées en série, et souvent, derrière, il y avait des opérations de réhabilitation du quartier. Gare de Lyon, rue de Flandres… On l’a fait. Mais ce n’était pas très satisfaisant. Je vais me refuser à être négative, c’est un vrai travail pour les forces de l’ordre engagées. Chaque coup porté à ces vendeurs de mort est à encourager."

 

Un coup de pied dans la fourmilière

Pour autant, quel est le degré d’efficacité de ces opérations ? "J’ai entendu parler de 500 interpellations, explique Martine Monteil, ancienne patronne de la police judiciaire. Qui sont-ils, quel est leur degré d’implication réelle ? Seront-ils effectivement mis en cause en vue d’être présentés à un juge et en vue d’une incarcération ? Ce n’est intéressant que si ces gens ne reviennent pas sur les lieux du crime. Sinon, vous mettez un coup de pied dans la fourmilière et ils reviennent derrière."

Encore faut-il également remonter les réseaux… "On déplace le problème. L’idéal pour moi est un travail de fond réalisé avec la Police Judiciaire. C’est une direction qui travaille à mettre à jour les différents composants d’une organisation criminelle. Cela s’inscrit dans le temps long, mais les suites judiciaires sont satisfaisantes. Mais il faut suffisamment de personnes, des moyens techniques, et les laisser travailler pendant un certain temps."

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