Des squatteurs laissent une facture de 100.000 euros à un retraité

Un retraité ayant vu son immeuble occupé par des squatteurs, se voit réclamer une facture d'eau somptuaire par Veolia.

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Un chauffeur de bus devant les prudhommes pour avoir veillé à la sécurité des enfants. (AFP)

Un retraité a été victime pendant cinq ans d’une bande de squatteurs dans son immeuble de Saint-Ouen. Une ordonnance d’expulsion a été rendue il y a peu. Ces squatteurs lui ont laissé une facture d’eau de 100.000 euros.

Squatteurs : aucune réponse de la sous-préfecture

"On a affaire à un propriétaire modeste qui a acheté les murs parce qu’il y exploitait un petit bar dans les années 1960, explique Maître Xavier Bouillot, avocat de la victime. Il s’est dit que cela lui assurerait une petite retraite. C’était d’ailleurs son principal revenu. À partir du début de l’année 2018, des squatteurs ont investi son bien lot par lot. La police lui a conseillé d’aller voir un avocat. Il n’a obtenu une décision qu'en mars 2021, entre le Covid et le fait de dépêcher un huissier…"

"Cette décision n’a pas été exécutée, rappelle l’avocat. C’est le refus de l’État dans l’exécution de la décision qui est intéressant. Malgré des relances de l’huissier, de mon client par recommandé, aucune réponse de la sous-préfecture ! Il est venu me voir et j’ai donc fait un recours pour engager la responsabilité de l’État, notamment pécuniaire. Dès que l’on parle d’argent, c’est différent. Tant qu’un avocat ne vient pas taper sur la table, l’État n’agit pas."


 

Des failles dans la loi

Les autorités ont fini par agir le 10 août dernier, au bout d’un an sans avoir exécuté la décision. "Ils ont enfin réussi à les déloger, puis, il a fallu barricader le logement pour éviter un retour." Mais ce retraité se retrouve alors avec une facture de 100.000 euros de la compagnie Veolia. "En effet, Veolia a renvoyé une mise en demeure à mon client." Va-t-il devoir régler une telle somme ? "Naturellement, mon client refuse de payer cette facture."

"C’est là où il y a un défaut dans la loi, souligne Maître Xavier Bouillot, avocat de la victime. L’eau ne peut pas être coupée, c’est un sujet humanitaire. Quand mon client a vu qu’il y avait des squatteurs, il l’a dit à Veolia, et maintenant on vient lui réclamer une facture ! D’autres victimes de ce genre existent, il faudrait faire évoluer la loi. Il y a un sentiment d’abandon, de persécution quand tout cela vous tombe sur la tête. C’est quelqu’un de positif, mais le sentiment de frustration est terrible. Vous n’allez pas passer votre retraite à voir des avocats et à payer pour les autres."

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