Céline Parisot refuse de doubler les peines dans les quartiers sensibles

Céline Parisot, présidente de l'Union Syndicale de Magistrats
Céline Parisot, présidente de l'Union Syndicale de Magistrats, était l'invitée de l'actu Sud Radio AFP

Céline Parisot, présidente de l'Union Syndicale des Magistrats, était l'invitée de la matinale de Patrick Roger et Cécile de Ménibus lundi 1er octobre. Elle réagit à l'annonce de Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, qui souhaite doubler les peines pour les crimes commis dans les quartiers sensibles.

Céline Parisot : "il faut doubler les peines dans les quartiers sensibles"

Céline Parisot, Président de l'Union syndicale des magistrats explique sur Sud Radio qu'en France il n'est pas possible de doubler les peines pour les crimes commis dans les quartiers sensibles pour plusieurs raisons : " le principe d'égalité des citoyens devant la loi impose que chacun encourt les mêmes peines pour les mêmes actes commis quel que soit l'endroit où ils habitent, quelle que soit leur couleur de peau, quel que soit leur niveau de richesse".

La circonstance aggravante voulue par Valérie Pécresse dans les quartiers criminogènes ne semble donc pas réalisable pour Céline Parisot, car cela stigmatiserait certains quartiers. Il serait également très difficile de "délimiter au centimètre près la frontière de ce qu'on appelle une quartier criminogène. D'autres questions se posent alors : comment qualifier un quartier de criminogène ? Quels types de crimes sont concernés ?"

"L'Etat ne peut pas abandonner des territoires puis punir plus sévèrement"

Conséquence, une personne encourt la même peine pour un vol à Guéret ou en Seine-Saint-Denis. Et dans la réalité ? "Dans les faits, la politique pénale locale dépend du procureur. La difficulté majeure de la Seine Saint-Denis ce sont les moyens, autant pour la police pour enquêter sur les crimes qui sont commis, que pour la Justice. Car il ne suffit par de mener une enquête, il faut aussi pouvoir juger les personnes, et on sait qu'on n'a pas les moyens en Seine-Saint-Denis."

Si les jeunes en difficulté avaient accès à d'avantage de structures pour les encadrer, il y aurait probablement moins de violence selon Céline Parisot. La présidente de l'Union syndicat des magistrats déplore dans le même temps que "quand l'État abandonne des pans de son territoire, il ne peut pas ensuite venir demander que les gens soient en plus punis plus sévèrement, c'est une forme de double peine !".

Cliquez ici pour retrouver dans son intégralité l'interview de Céline Parisot en podcast

Retrouvez  l'Invité du jour de la matinale du lundi au vendredi sur Sud Radio, à 8H10

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