Bernard Laporte en garde à vue : "plus un dossier est creux, plus elle dure longtemps"

Maître Jean-Pierre Versini-Campinchi, avocat de Bernard Laporte, était l’invité de Patrick Roger le 23 septembre dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

Le président de la Fédération française de rugby Bernard Laporte le 18 octobre 2019 à Oita, au Japon, à la veille du quart de finale de Coupe du monde du XV de France contre le pays de Galles (CHRISTOPHE SIMON - AFP/Archives)

Est-ce une tentative de déstabilisation ou une véritable affaire ? À dix jours de briguer sa succession à la tête de la Fédération Française de Rugby, Bernard Laporte a été mis en garde à vue dans le cadre de ses liens avec le groupe Altrad. A-t-il favorisé le MHC pour faire diminuer des sanctions en juin 2017 contre le club montpelliérain ?

 

Deux ans et demi après la perquisition

"Nous sommes dans un moment de théâtre classique obligé, estime Maître Jean-Pierre Versini-Campinchi, avocat de Bernard Laporte. Quand vous êtes une personnalité connue, et qu’on pratique des perquisitions et des saisies de documents avec tambours et trompettes, pendant toute une journée, cela finit par des auditions. Elles se font pratiquement toujours en garde à vue."

"Les deux choses anormales de ce dossier, estime le pénalise parisien, c’est d’abord le délai extravagant qui sépare la perquisition en janvier 2018 de l’interrogatoire, deux ans et demi plus tard. La chose la plus désagréable et anormale, et scandaleuse, c’est tout de même d’avoir fixé la date de son interrogatoire au 22 septembre, une dizaines de jours avant la date de l’élection générale de la FFR."

 

En pleine campagne électorale

Faut-il y voir une tentative d’intimidation ou de déstabilisation ? "Non, je n’en ai aucune preuve ; en revanche, on constate une fois de plus que certains magistrats établissent leurs calendriers, dressent leur agenda, se considèrent comme les maîtres des horloges, et décident de fixer cela le 22 septembre. C’est en pleine campagne électorale ? Tant pis. C’est regrettable. Dès juillet dernier, j’ai averti le procureur pour lui dire qu’il fallait choisir une autre date. Il ne m’a pas donné d’explication pour dire que ce n’était pas possible. L’OPJ en charge de l’enquête n’y voyait pas d’empêchement, mais cela a été refusé."

La garde à vue peut-elle être prolongée ? "C’est rituel, considère Maître Versini-Campinchi. Je vais être brutal, plus un dossier est creux, plus elle dure longtemps. Cela peut durer 48 heures. Quand les questions sont posées et que les réponses ne permettent pas d’entrer dans une qualification pénale, on pose une autre question, et cela dure." Classement, procès, poursuite de l’enquête… Comment peut évoluer cette affaire ? "Toutes les hypothèses sont ouvertes."

 

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