Arié Bensemhoun : "Le discours d'Emmanuel Macron engage le gouvernement dans une action et une répression fortes"

Arié Bensemhoun
Arié Bensemhoun, directeur exécutif de Elnet France, ancien président de la communauté juive de Toulouse, interviewé par Cécile de Ménibus et Patrick Roger dans "L’invité de l’actu" sur Sud Radio, à 8h10. AFP

Arié Bensemhoun, directeur exécutif de Elnet France (qui œuvre pour les relations bilatérales entre la France et Israël), ancien président de la communauté juive de Toulouse, était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 21 février 2019 animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Il revient sur les mesures annoncées par Emmanuel Macron lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

"C'était d'abord une soirée pour dénoncer la haine, toutes les haines qui rongent notre pays"

Il va y avoir une loi pour encadrer et réprimer les propos haineux et antisémites, notamment sur Internet, et un audit sur les établissements scolaires touchés par la déscolarisation des enfants de confession juive. Pour Arié Bensemhoun, directeur exécutif de Elnet France (qui œuvre pour les relations bilatérales entre la France et Israël), ancien président de la communauté juive de Toulouse, "ce sont des mesures que nous attendions. Emmanuel Macron s'est adressé hier soir à l'ensemble du pays. C'était d'abord une soirée pour dénoncer la haine, toutes les haines qui rongent notre pays. J'ai lu des commentaires sur les réseaux sociaux laissant penser qu'il n'est question que d'antisémitisme, c'est encore un mensonge de plus véhiculé par les réseaux sociaux.

Il l'a fait devant le Crif et en parlant à des juifs parce que nous vivons une période particulièrement troublée et choquante, avec une augmentation sans précédent de toutes les manifestations de haine des juifs. Mais il a pris la peine de nommer toutes les haines et de dénoncer la convergence de toutes les haines : contre le système, les politiques, les journalistes, des juifs, des musulmans".

Le discours du président de la République "engage le gouvernement et la société dans une action et une répression fortes"

Il y a cinq ans, après la tuerie de Mohammed Merah, il y a eu les mêmes beaux discours pour limiter cette haine et l'antisémitisme et, cinq ans après, on en est encore à annoncer des mesures. "C'est ce qu'a dit le président de la République hier soir : nous avons beaucoup parlé, déploré, dénoncé, mais nous avons échoué à agir et il est temps de poser des actes clairs. Le discours engage le gouvernement et la société dans une action et une répression fortes, mais aussi de la prévention et de l'éducation.

Un certain nombre de mesures concrètes ont été annoncées sur Internet, regardez pourquoi et comment est s'est faite cette délocalisation des enfants juifs qui décident de quitter l'école de la République et d'aller dans des écoles privées parce qu'ils ne supportent plus un certain nombre de comportements. Il a dénoncé clairement la montée de l'islam radical et des conséquences sur la société, il a pris la peine de préciser les conditions dans lesquelles il fallait contrer la montée de cette haine d'Israël."

"La montée de l'islamisme dans ce pays met en péril, au-delà de la communauté juive, la République"

À la question de savoir s'il n'aurait pas dû être plus "cash" face à la montée de l'islamisme radical dans certains quartiers, qui est à l'origine de la déscolarisation de familles de confession juive, qui sont obligées de quitter les quartiers et les établissements scolaires devant les insultes et les menaces répétées depuis quinze ou vingt ans, Arié Bensemhoun répond "qu"il a pris la peine de dire qu'avant de combattre le mal, il faut nommer le mal. La montée de l'islamisme dans ce pays met en péril, au-delà de la communauté juive, la République. Il a été très clair et précis, ne s'est pas caché derrière les formules.

Ce qui m'importe, c'est que les choses changent véritablement après ce discours. Nous allons prendre le temps nécessaire pour nous assurer que toutes les mesures annoncées seront mises en application par les différents ministères concernés. La question est de savoir comment protéger la République de ceux qui, pratiquant la détestation des juifs, ont pour objectif de détruire ce bien commun que nous avons : la République, la démocratie, la possibilité de nous respecter mutuellement et avoir une vie épanouie quelles que soient notre origine, notre religion et notre pensée politique".

 

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