• Le sommet de l'Otan nous prouve, une fois de plus, que Trump est brutal et imprévisible

    Soumis par MathieuDH le Jeudi 12 juillet 2018 à 07:55
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    Le sommet de l'OTAN nous prouve une fois deux plus que Donald Trump est totalement imprévisible et brutal. L'Europe peut-elle éviter un clash ?

    La manière de Donald Trump, on commence à la connaître : utiliser la menace, la brutalité pour faire bouger les lignes. Sur le fond, la question de la contribution financière de chaque pays à l’OTAN était posée déjà par Barack Obama. Évidemment, voir Trump accuser l'Allemagne d'être vendue à la Russie décoiffe un peu. Mais on aurait tort d'en rester à l'indignation facile et de jouer les vierges outragées. Ce qui se joue, c'est avant tout l'indépendance, la souveraineté et donc l'existence même de l'union européenne comme entité politique. Et dans un sens, Donald Trump joue les révélateurs.

    A-t-il raison de s’en prendre à l'Allemagne ? De fait, la richesse allemande vient aussi de l'absence totale, pendant des décennies, de dépenses militaires. Le parapluie américain servait à faire du commerce tranquillement. Aujourd'hui encore, les pays les plus riches d'Europe, Pays-Bas, Danemark, ne contribuent pas à hauteur de ce qu'ils devraient. Certains demandent depuis des années que les dépenses militaires françaises, qui contribuent au bien commun européen, soient sorties du calcul du déficit, ce qui nous ferait repasser en dessous de la barre des 3 %. Ce serait bien plus intéressant pour nous que de voir l'Allemagne augmenter ses dépenses militaires au risque de tailler des croupières à une de nos dernières industries encore debout.

    La question est de savoir si les pays européens ont envie de s'émanciper des Etats-Unis et c'est bien là le principal problème. Il y a, parmi les 28, des pays qui n'ont aucune intention de préférer leurs voisins européens aux États-Unis. La Pologne, les états baltes ne souscriront jamais à une défense européenne indépendante. Le rêve d'Emmanuel Macron de pousser dans le sens d'une défense commune se heurte à cette réalité et aux ambiguïtés allemandes puisque Berlin accepte parfaitement cette absence totale de souveraineté. Actuellement, il nous est impossible de vendre le moindre équipement militaires dans le monde sans l'accord des États-Unis puisqu'ils exigent un droit de regard dès qu'un composant, même une puce électronique, est de fabrication américaine. Et la perte de certains fleurons industriels comme Alstom nous rend encore plus dépendants puisqu'en cas de désaccord, les Américains pourraient désormais refuser de nous fournir les pièces de remplacement pour les turbines de nos sous-marins nucléaires. Bref, l'enjeu de ce sommet de l'OTAN, c'est de savoir si l'Europe veux cesser d'être une colonie américaine.

    >> L'intégralité de la chronique est disponible en podcast

     

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  • Merkel fragilisée, coup de force de l’Italie… Où en est le rêve européen de Macron ?

    Soumis par BenjiJeanjean le Mardi 3 juillet 2018 à 09:41
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    Angela Merkel est plus fragilisée que jamais en Allemagne. Un coup dur pour les ambitions européennes d’Emmanuel Macron ?

    Emmanuel Macron avait construit toute sa stratégie autour d’un réenchantement du rêve européen. Souvenez-vous de sa campagne : l’Europe était notre seul horizon acceptable, tout le reste n’était que repli. Et comme il est loin d’être aveugle, il savait que ça ne suffirait pas, même à ceux qui s’étaient convaincus depuis des années qu’il n’y avait pas d’alternative, que c’est cette Europe ou le chaos. Il nous avait donc vendu une réforme de l’Europe et ce slogan, surtout : l’Europe qui protège. Mais réformer un mastodonte de 28 États membres, dont tous ont des cultures, des histoires et des intérêts différents, ce n’est pas évident.

    Depuis un an, malgré le lyrisme de ses discours, Emmanuel Macron n’avait strictement rien obtenu. Pire, il s’était vu imposer une fin de non-recevoir pour son projet de budget de la zone euro par huit pays, dont les Pays-Bas et le Danemark. Quant à Angela Merkel, elle avait savamment fait traîner, pour éviter d’humilier la France par un refus, tout en ménageant son opinion. Mais paradoxalement, le projet d’Emmanuel Macron vient d’être repêché. Et c’est grâce aux déboires d’Angela Merkel.

    La chancelière était menacée par ses alliés de la CSU d’une sécession sur la question des migrants. Pour obtenir l’aide de la France, elle a concédé l’idée d’un budget, mais sans aucune précision chiffrée. On est pour l’instant dans le symbole. Et sur les migrants, le sommet des 28 et 29 a permis de faire avancer quelques propositions : les centres d’accueil hors UE, la remise en cause du règlement de Dublin… Mais le plus intéressant, c’est que tout cela n’a été obtenu que par le coup de force des Italiens. En refusant d’accueillir l’Aquarius, ils ont forcé les autres États membres à cesser de faire l’autruche. Preuve que dans cette UE à 28, seul le rapport de force peut faire avancer les choses.

    Mais les difficultés d’Angela Merkel pourraient rendre les choses plus compliquées. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. Même l’éviction de la Mannschaft de la Coupe du Monde met fin à la supériorité allemande. Emmanuel Macron devrait en tenir compte, lui qui a tout bâti autour de ce mythe du couple franco-allemand. Il faudrait qu’il sache agréger autour de lui, plutôt que d’insulter ceux qui pensent mal. Il faudrait qu’il entraîne ceux qui veulent une Europe qui protège vraiment.

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