Un homme abattu à Orly après avor dérobé l'arme d'un militaire, l'aéroport évacué

Les policiers du Raid devant l'aéroport d'Orly, le 18 mars 2017 ©CHRISTOPHE SIMON / AFP
Les policiers du Raid devant l'aéroport d'Orly, le 18 mars 2017 ©CHRISTOPHE SIMON / AFP

Un homme a été abattu à l'aéroport d'Orly après avoir dérobé l'arme d'un militaire de l'opération Sentinelle. Il n'y a pas de blessé, d'après le porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Ce samedi matin, aux alentours de 8h30, un homme a dérobé une arme à un militaire de l'opération Sentinelle dans l'aéroport d'Orly, dans le Val de-Marne. Il s'est ensuite réfugié dans un commerce de l'aéroport, avant d'être abattu par les forces de sécurité.

Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'aéroport, a indiqué à l'AFP qu'il n'y avait pas eu de blessé. Les deux terminaux de l'aéroport ont été fermés et tous les passagers ont été évacués, a indiqué Aéroport de Paris. Le trafic a été suspendu. Les ministres de l'Intérieur et de la Défense, Bruno Le Roux et Jean-Yves Le Drian, sont sur place.

Philippe Cohen-Grillet, spécialiste police-justice pour Sud Radio, explique que "le Raid vient d’arriver sur place" et que "la police scientifique s’est approchée du corps de l’individu pour s’assurer qu’il n’avait pas de ceinture d’explosifs sur lui". L'opération de déminage est désormais terminée, aucun explosif n'a été retrouvé par les forces de l'ordre.

"Les militaires de l'opération Sentinelle deviennent des cibles prioritaires"

"L’aéroport est évacué, mais avec une forme de filtrage, a-t-il expliqué. On essaie de contrôler les personnes qui sortent pour les identifier et identifier un éventuel complice. Ce qui apparaît, de source préfecture de police, c’est que les militaires de l’opération Sentinelle deviennent des cibles prioritaires. Ils sont 10 000, déployés sur le territoire. Il y a eu un premier incident au RER de la Défense, avec un homme au cutter qui a blessé grièvement un militaire. Il y a eu Nice, où trois militaires ont été agressés. Une voiture a foncé sur des militaires à Valence en janvier 2016. Et le Louvre, évidemment, où on est apparemment dans la même configuration. Un des points qui pose le plus de problème, c’est que s’il s’agit vraiment d’un homme isolé, qui tente de se saisir d’un fusil des militaires, il est très difficile de détecter en amont ces personnes-là. C’est ce qu’il y a de plus problématique parce qu’on ne peut pas l’anticiper. Il peut très bien s’agir d’un acte totalement isolé d’une personne qui décide de passer à l’acte avec ses propres moyens, de foncer avec sa voiture, avec un couteau, à mains nues. On verra si l’individu, là, était armé ou non."

"On faisait la queue pour l'enregistrement sur le vol en direction de Tel Aviv quand on a entendu trois ou quatre coups de feu à proximité", a indiqué à l'AFP un passager de 54 ans, qui se trouvait samedi matin sur les lieux. "L'ensemble de l'aéroport a été évacué", a-t-il précisé confirmant le témoignage anonyme d'une employée de l'aéroport. "On est tous devant l'aéroport à environ 200 m du hall d'entrée. Il y a des policiers, des secours, des militaires partout qui courent dans tous les sens", a-t-il ajouté.

 

 

Un lien avec le policier blessé par balles ce matin en Seine-Saint-Denis

Un peu plus tôt dans la matinée, à Stains, en Seine-Saint-Denis, un policier a été blessé par balles lors d'un contrôle routier. "Il semble qu’il y ait un lien, a indiqué au micro de Sud Radio Philippe Cohen-Grillet. Les policiers privilégient la piste du même qui aurait ouvert le feu lors d’un contrôle routier à Stains peu avant 7h. A bord d’une Clio noire, abandonnée à Vitry dans le Val de Marne. Il a volé un 2e véhicule, un Picasso, retrouvé sur le parking d’Orly." Ce lien a été confirmé par la police un peu plus tard dans la matinée.

Géraldine, agent d'escale à Orly, est confinée dans ses bureaux depuis que les tirs ont éclaté. Au micro de Sud Radio, elle a raconté sa situation : "Je suis au 3e étage. Ça s’est produit au 1er étage. On a eu peur qu’il y ait des explosifs, maintenant, on est rassurés. On est 23, toujours pas évacués, dans les bureaux, à attendre que quelqu’un vienne nous chercher. On n’a pas le droit de bouger. Un collègue a essayé, il s’est fait mettre en joue et a couru dans les bureaux pour se mettre en sécurité."

Le parquet antiterroriste annonce qu'il se saisit de l'enquête, privilégiant ainsi la piste terroriste. L'individu était connu des services de police et de renseignement, a indiqué Bruno Le Roux.

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