L'homme qui a tué deux membres de sa famille et blessé une passante à Trappes (Yvelines) ce jeudi 23 août, a été abattu par la police. Ses motivations demeurent floues. 

Jeudi matin, Kamel S., suivi pour radicalisation islamiste et atteint d’importants troubles psychologiques, attaquait au couteau trois personnes dans une rue de la commune de Trappes, dans les Yvelines. Bilan de l’attaque sanglante : la mère et la soeur de l’assaillant, âgées respectivement de 71 ans et 49 ans, sont décédées. La troisième personne attaquée, une passante de 66 ans, a été grièvement blessée. Si les faits ont été rapidement revendiqués par le groupe État Islamique (EI), pour les autorités, le caractère terroriste n’est pas établi à ce stade de l’enquête, la thèse du conflit familial étant privilégiée. Pour autant, les motivations de l’assaillant, abattu par la police, demeurent floues. Pour en parler, Sud Radio recevait ce matin Pascal Neveu, psychanalyste.

Comment expliquer le déchaînement d’une telle violence, hier matin dans une petite rue de cette commune populaire à l’ouest de Paris ? « Vous avez des personnalités qui ont un psychisme très fragile et qui à un moment donné décompensent, les amenant à être dans un comportement très violent, voire même suicidaire. Étant donné qu’il est décédé, on ne pourra pas mener d’expertise psychiatrique le concernant », explique Pascal Neveu.

Kamel S., décrit comme très sympathique par ses voisins, présentait un profil fragile psychologiquement, il avait d’ailleurs effectué plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. « Visiblement, il était en grande souffrance. Il avait été séparé de ses enfants, de sa compagne également et avait perdu son emploi. Tous ces facteurs-là peuvent à un moment donné créer une sorte d'ébullition psychique pouvant exploser à n’importe quel moment. »

Avant de commettre son acte, Kamel S. a crié “Allah Akbar”, laissant entendre que ces meurtres seraient motivés par des considérations religieuses. Bien que le ministre de l’Intérieur ait éliminé la piste de l’acte terroriste, l’assaillant a-t-il pu agir au nom de l’État Islamique ? « Il peut y avoir une sorte de mimétisme, un phénomène de dépersonnalisation », estime Pascal Neveu. « Ils vont basculer dans une autre dimension qui les fait délirer et intégrer des comportements violents qu’ils vont piocher à droite et à gauche. La grande tendance étant malheureusement Daesh ». Les premiers éléments de l’enquête semblent s’orienter vers une querelle sur fond d’héritage. « Au moment des héritages, beaucoup de familles s’entredéchirent. Dans l’héritage, il y a le nom du père, le nom de famille est très important. Dans de très nombreux cas de terroristes, ou de jeunes qui sont partis en Syrie, le père est totalement absent. Ils vont aller chercher dans un père imaginaire, quelque chose d’autre. De toute façon, nous ne saurons jamais réellement ce qui s’est passé », conclut le psychanalyste.

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