Paris : les habitants du quartier de la Chapelle dénoncent l'emprise des toxicomanes

Reportage Sud Radio. Un vaste "supermarché" de crack a vu le jour Porte de la Chapelle, dans le 18e arrondissement de Paris. Alors que des centaines de consommateurs importunent de plus en plus souvent les passants, les habitants font part de leur ras-le-bol.

Thumbnail
Le quartier de La Chapelle au nord de Paris en proie à l'essor des toxicomanes. (Alfred Aurenche - Sud Radio).

Rassemblés sous le périphérique au nord de Paris, les toxicomanes sont de plus en plus nombreux et de plus en plus visibles dans le quartier de la Chapelle, dans le 18e arrondissement de la capitale. N’hésitant plus à venir déranger commerçants et riverains pour réclamer de l’argent, ces individus nuisent à la vie quotidienne du quartier, au grand dam des habitants.

"Là il y a deux touristes, deux Canadiennes, qui sont en train de se faire importuner par une toxico". Depuis la vitrine de sa brasserie, Naguim est aux premières loges pour constater que la situation a empiré dans le quartier. "On a -20% de chiffre d’affaires, des clients n’osent plus venir dans ce quartier-là : la nuit il y a de l’insécurité et beaucoup de toxicomanes qui errent sur la place", assure-t-il à Sud Radio. Présent sur place depuis 14 ans, son constat est amer : "Aujourd’hui, même un pays du tiers-monde ce n’est pas comme ici".

"Des personnes âgées n’osent plus sortir le soir"

Mère de famille, Hasna s’est vue forcée de restreindre certaines libertés à sa fille. "Elle a bientôt 13 ans, elle est un petit peu grande. La laisser se promener là, ce n’est vraiment pas possible. On ne peut pas laisser les enfants prendre le métro tout seuls. Ce n’est pas dit qu’il se passe quelque chose, mais on n’est pas tranquille à 100%", admet-elle. Une situation bien connue de Pierre Liscia, élu (Les Républicains) à la mairie du 18e arrondissement de Paris. "Des familles quittent le quartier quand elles ont les moyens de le faire. Des personnes âgées n’osent plus sortir le soir, ça devient très problématique pour la vie quotidienne de tout un quartier", déplore-t-il.

Alors que ce même quartier doit être rénové d’ici 2024 dans le cadre de l’organisation des Jeux Olympiques, Pierre Liscia dénonce l’inaction de la mairie de Paris. "Il est hors de question qu’en tant qu’élu je dise aux habitants de ce quartier de prendre leur mal en patience et de continuer à vivre dans la peur en attendant que ça aille mieux en 2024. Ce sont des Parisiens au même titre que les habitants d’autres arrondissements de Paris. Ils payent les mêmes impôts et ont les mêmes droits, j’estime que la mairie a les mêmes devoirs vis-à-vis d’eux en termes de qualité de vie, de sécurité et de sérénité", affirme-t-il.

Un reportage d’Alfred Aurenche