Marseille: elle porte plainte contre la police pour tentative d'homicide volontaire

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Logo de l'IGPN, la "police des polices" - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La police a-t-elle dérapé le 8 décembre dernier, en marge d’une manifestation de gilets jaunes à Marseille? Une jeune femme de 19 ans affirme avoir été passé à tabac par des policiers en civil. Elle vient de porter plainte pour tentative d’homicide volontaire. L’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) l’a entendue il y a quelques jours. La scène à deux pas du Vieux Port a été filmée par des habitants.

 Reportage Sud Radio de Lionel Maillet

18h30, ce samedi 8 décembre. Sous l’éclairage public, en plein centre-ville de Marseille, plusieurs hommes en noir frappent une silhouette à terre. Il s’agit de Maria, 19 ans qui aurait d’abord été touchée à la cuisse par un tir de LBD, avant de s’écrouler au sol. Son avocat Me Brice Grazzini évoque un "déferlement de violence", sans raison apparente:  "Des policiers en civil vêtus intégralement de noir, casqués et parfois même masqués, qui portent des coups à cette jeune fille à terre."

"La spécificité de cette affaire, c'est qu'elle n'était pas du tout manifestante: elle remontait vers chez elle"

Maître Brice Grazzini décrit la scène

 

La jeune vendeuse en alternance vient de porter plainte contre la police pour tentative d’homicide volontaire. Elle dit ne pas avoir participé à la manifestation des gilets jaunes qui avait lieu ce jour là à Marseille.

Crâne enfoncé, migraines, vomissements

Victime de graves blessures, elle n’a pu reprendre le travail qu’après cinq mois d’arrêt: "Les témoins parlent de crâne enfoncé. Aujourd'hui elle a des migraines, des vomissements. Elle a effectivement pris un coup de matraque sur l'œil, donc il y a une partie de l'œil qui ne voit plus."

"Vérifier les faits dans le calme et la sérénité"

L’Inspection générale de la Police nationale vient d’auditionner la jeune femme. Il faut rester très prudent, estime le secrétaire régional du syndicat de police Alliance, Rudy Manna: "Je ne dis pas que la jeune fille a menti, je dis juste qu'il faut vérifier dans le calme et la sérénité: qu'on analyse les vidéos, qu'on vérifie que c'est bien des policiers". Maria, qui est encore suivie par un psychologue, avait signalé son cas à la police des polices dès le 19 décembre.

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