Liberté d’expression : Twitter porte plainte contre le gouvernement américain

Twitter à Wall Street (©ANDREW BURTON - GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP)
Twitter à Wall Street (©ANDREW BURTON - GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP)

Alors que le gouvernement américain demande à Twitter l’identité réelle de l’un de ses utilisateurs, le réseau social a contre-attaqué, fustigeant une atteinte à la liberté d’expression.

C’est ce qu’on appelle un retour de boomerang. Le réseau social Twitter a attaqué en justice ce jeudi le gouvernement américain, qui lui demande de dévoiler l'identité d'un utilisateur très critique vis-à-vis de Donald Trump. Le géant américain avait reçu le 14 mars dernier une demande du département de la Sécurité intérieure l'enjoignant de communiquer la véritable identité de l'utilisateur du compte @ALT_uscis, indique l’AFP. Ce compte affirme être dédié à la "résistance de l'immigration" et critique régulièrement les décisions et les annonces des membres de l'administration Trump, souvent sur un ton humoristique.

Une décision contraire au premier amendement selon Twitter

Invoquant le premier amendement de la Constitution américaine, qui protège la liberté d’expression, Twitter s’est opposé à la demande du gouvernement, estimant que ce dernier ne peut pas l’y obliger sans avoir démontré "qu'une infraction a été commise". Il doit aussi apporter la preuve, selon Twitter, que la demande n'est pas motivée par le souhait de "supprimer la liberté d'expression". Or, le petit oiseau bleu et blanc clame que le gouvernement "est loin d'avoir démontré aucun de ces points" et demande donc de déclarer cette demande illégale et inapplicable "parce qu'elle viole les droits liés au premier amendement de Twitter et de ses utilisateurs".

De son côté, le compte @ALT_uscis a réagi ce jeudi en tweetant le texte du premier amendement à la Constitution. L’organisation de défense des libertés, ACLU, a également déclarée être ravie que "Twitter fasse de la résistance". "Nous irons au tribunal pour défendre le droit de cet utilisateur à l'anonymat", a-t-elle ajouté, signalant son intention de se joindre à la procédure. Contacté par l'AFP, le ministère de la Justice s'est refusé à tout commentaire.

(Avec AFP)

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