Les femmes de policiers se sont rassemblées mardi soir place du Trocadéro à Paris, deux jours après le lynchage de deux policiers à Champigny.

Soutenir les policiers passés à tabac et surtout dire stop aux violences contre les policiers et à la haine anti-flic. C'était l'objectif des femmes de policiers qui se sont réunies mardi soir place du Trocadéro à Paris, après le lynchage de deux policiers pendant la nuit de la Saint-Sylvestre à Champigny.

Depuis deux nuits, Lydie, femme de policier, a du mal à dormir. Les images de la vidéo tournent en boucle dans sa tête : "C’est horrible, ça prend les tripes. Ça ne peut pas continuer des actes comme ça, qui restent impunis. Ça recommence et ça recommence. Voir ça, c’est inhumain."

La vidéo a fait l'effet d'un électrochoc. Patricia était présente dans ce rassemblement. Si elle n'est pas policière, elle estime que s'en prendre aux forces de l'ordre, c'est s'en prendre à sa propre sécurité : "Qui va nous défendre si, eux, ils sont attaqués ? Une fois qu’il seront exterminés, qu’est-ce qu’il nous restera à faire ? Vivre sous la terreur ?"

Un peu à l'écart de la manifestation, un policier cagoulé confirme que la haine anti-flic progresse en France : "Même quand ça se passe bien on a de la haine. Même quand on fait un simple contrôle. Même si les gens ont fait une infraction, c'est de notre faute."

Jean, elle, est policière. Et elle veut que le gouvernement réagisse face à cette situation : "J'estime que quelqu'un qui veut tuer un flic mérite la prison. Ce n'est plus possible d'aller au tribunal, de recevoir une sucette et une petite tape sur la main et de se retrouver dehors 15 jours après. Il va falloir faire quelque chose."

Quelque chose de plus que la police de sécurité du quotidien, projet qui doit permettre de rapprocher les forces de l'ordre des habitants en créant des liens de proximité. Pour Perrine Sallé, porte-parole de l'association des femmes de forces de l'ordre en colère, la PSQ va empirer la situation : "Si vous allez mettre des policiers, dans certaines zones sensibles, en patrouilles pédestres, parce que vous avez décidé de créer une police de proximité, plus proche des citoyens, vous n'allez pas avoir un lynchage, vous allez avoir une destruction, un ciblage total des policiers pour les assassiner. C'est de l'assassinat. Quand vous vous mettez à 20 ou 30 personnes, sur une personne au sol, que vous filmez et que vous n'intervenez pas, c'est non seulement un délit mais une non-assistance à personne en danger. C'est, en plus, un encouragement, une incitation à la haine et à la violence. Elle est là la problématique."

Propos recueillis par Alfred Aurenche pour Sud Radio

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