Jean-Michel Fauvergue : le danger est porté au sein même de la police

Au lendemain de l’attaque au couteau à la Préfecture de police de Paris, Jean-Michel Fauvergue, député de Seine-et-Marne et ex-patron du RAID, a apporté son éclairage à l’antenne de Sud Radio.

Jean-Michel Fauvergue, député de Seine-et-Marne et ex-patron du RAID, interviewé par Patrick Roger et Cécile de Ménibus sur Sud Radio, à 8h10, dans "C'est à la une".

Jean-Michel Fauvergue était l’invité de Patrick Roger et Cécile de Ménibus sur Sud Radio le 4 octobre 2019 à 08h35.

 

"Ça aurait été ridicule de fouiller des gens qui sont armés par définition"

Interrogé sur les mesures de sécurité en place dans une préfecture de police, Jean-Michel Fauvergue a répondu : "bien sûr que vous avez des mesures de sécurité, elles sont importantes. Mais en l’occurrence, l’agresseur fait partie des effectifs de la Préfecture de police. En règle générale, les effectifs ne sont pas fouillés systématiquement. Vous avez des policiers qui passent avec leurs armes aussi. Ça aurait été ridicule de fouiller des gens qui sont armés par définition. Toujours est-il que les enquêteurs de la brigade criminelle devront se pencher sur cette zone d’ombre : pourquoi ce type d’arme, un couteau en céramique, a pu se trouver à l’intérieur de la Préfecture de police de Paris".

"Il n’y a pas de suivi préventif au sein de la police"

Au sujet du suivi des fonctionnaires de police, Jean-Michel Fauvergue a répondu : "chaque année vous avez rendez-vous avec votre supérieur hiérarchique et le commissaire de police pour les appréciations humaines, avec une obligation de dialogue qui dure a minima une demi-heure. Par ailleurs, ce dialogue peut aussi être sollicité soit par l’un, soit par l’autre. Mais un suivi psychologique préventif, il n’y en a nulle part. Par contre, il y a un suivi psychologique s’il s’est passé quelque chose".
Cécile de Ménibus a ensuite suggéré qu’il aurait dû y avoir un suivi psychologique parce que le policier en question s’est converti à l’islam, ce à quoi Jean-Michel Fauvergue a répondu que la conversion à l’islam n’est pas une maladie. "La police est à l’image de notre République. Il y a des personnalités variées et diverses. La conversion à l’islam n’est pas un motif pour un suivi psychologique".

"Le danger est porté au sein même de la police"

Au sujet des éventuels parallèles à dresser avec les manifestations de policiers, Jean-Michel Fauvergue a répondu : "ce n’est pas un problème d’effectifs ou de moyens, c’est un problème de perte de sens, d’absence de reconnaissance de la part de la population, des journalistes, des hommes politiques. Et surtout une perte de sens dans le fait qu’ils sont rentrés dans la police pour servir les intérêts des Français. Quand ils arrêtent quelqu’un, cette personne est généralement libérée plus vite que n’aboutit la procédure. On a un problème de réponse pénale".
"Cette attaque nous montre que le danger est porté au sein même de la police, là même où travaillent leurs collègues", a conclu Jean-Michel Fauvergue.