J-R. Girard : "Les portiques de sécurité au lycée, c'est impossible à mettre en place"

Contacté par Sud Radio, Jean-Rémi Girard (vice-président du SNALC) revient sur la fusillade du lycée Tocqueville de Grasse

Au lendemain de la fusillade du lycée Tocqueville de Grasse (Alpes-Maritimes), la question de la sécurité aux abords des établissements scolaires se pose à nouveau.

Après la fusillade survenue à Grasse mais aussi les violences commises dans un lycée de Seine-Saint-Denis la semaine dernière, le thème de la sécurité autour des établissements scolaires préoccupe. Entre portiques de sécurité, fouille à l’entrée ou renforcement des équipes mobiles de sécurité, les solutions envisageables ne sont pas toutes réalisables dit Jean-Rémi Girard, vice-président du SNALC, un syndicat d’enseignant du second degré. Il nous répond.

 

Faut-il installer des portiques de sécurités à l’entrée des établissements scolaires ?

Les portiques, c’est impossible à mettre en place. Vous voyez le temps que ça prend dans un aéroport. Imaginez dans un lycée de 1000 1500 2000 élèves avec des entrées et sorties plusieurs fois par jour. C’est absolument impossible à organiser. Et puis des objets métalliques, il y a beaucoup d’élèves qui en portent sur eux. Croire qu’en mettant des portiques de sécurité à l’entrée, ça va d’un seul coup régler les problèmes, on va très vite se rendre compte que c’est irréalisable.

Peut-on alors imaginer mettre en place des fouilles des sacs, à l’image de ce qui se fait déjà dans les grands magasins ?

Ce qui est faisable, c’est un contrôle visuel des sacs. Mais pour ça il faut du personnel. On ne peut pas demander à l’agent d’accueil ou à deux surveillants d’aller faire un contrôle des sacs. Il faudrait du personnel formé. Contrairement à un grand magasin, les sorties et les entrées dans les lycées, elles ont lieu à des moments précis et de façon massive. On n’est pas dans la même situation, on ne peut pas avoir une personne qui va réaliser le contrôle visuel de 1000 élèves.

Nous sommes en état d’urgence depuis bientôt 18 mois. À quoi cela sert-il quand on voit ce genre d’événement se produire ?

Ce qu’on a pu constater, c’est que les exercices d’entraînement qui ont eu lieu ont porté leurs fruits. Les élèves ont pu soit sortir, soit se calfeutrer dans leur salle comme ils avaient appris à le faire. Aujourd’hui, dans les établissements scolaires, de part les exercices, les élèves et les personnels sont en mesure de réagir à ce type d’intrusion. Aujourd’hui, on sait globalement quoi faire. Il faut continuer à garder ces exercices puisque l'on se rend compte qu’ils peuvent être utiles n’importe quand malheureusement. Ensuite, on ne va pas pouvoir mettre des policiers devant tous les établissements scolaires en permanence. Maintenant, est-ce qu’il ne faudrait pas renforcer les équipes mobiles de sécurité qui existent ? Ça, c’est une vraie possibilité.

Entretien réalisé par Thomas Giraudeau.

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