Hélène Brun ou le combat d'une mère endeuillée 

Depuis 4 ans, Hélène Brun se bat pour obtenir la condamnation des responsables de la mort de sa fille, tuée dans la collision d'un mini-bus avec un poids lourd. Nous l'avons rencontrée.

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Le 27 mars 2014, Julia Brun, jeune adolescente âgée de 15 ans, mourrait dans des circonstances tragiques suite à une collision entre un poids lourd et le mini-bus scolaire dans lequel elle se trouvait, à Pourrières (Var). Depuis maintenant 4 ans, sa mère Hélène remue ciel et terre pour obtenir la condamnation des responsables de l'accident mortel et notamment le chauffeur du camion, qui roulait beaucoup trop vite ce jour-là. En vain ! À son grand désespoir, il n'y a toujours pas eu de procès, bien que la justice semble enfin prendre le problème à bras le corps avec deux mises en examens significatives. Nous l'avons rencontrée chez elle, à Peynier, une commune située près d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

"On a perdu confiance en la justice"

Quatre longues années déjà que cette maman de 46 ans a perdu sa fille et la douleur reste vive. Un deuil qui s'avère impossible et une cicatrice qui ne pourra se refermer tant que justice ne sera pas rendue. Hélène continuera de se battre pour que les responsables répondent de leurs actes et paient pour la mort de son enfant, dont elle fleurit la tombe quotidiennement. "Tous les jours, je vais voir ma fille au cimetière et je suis incapable de lui 'dire' que l'on a trouvé les responsables et qu'elle n'est pas morte dans l'indifférence", nous confie-t-elle, désemparée. 

À la colère et au chagrin s'est ainsi ajoutée l'incompréhension avec le temps. Pourquoi une si longue attente ? Que s'est-il réellement passé lors de ce drame, au cours duquel sa fille mais également l'une de ses camarades ont perdu la vie ? Autant de questions sans réponses. "Au départ, on nous a dit que c'était le chauffeur du poids lourd. Et puis, on a a découvert des choses : en fait, nos enfants n'ont pas été conduits dans une navette scolaire mais dans un fourgon aménagé, comment ça se fait ?", s'interroge-t-elle. 

Son acharnement a néanmoins fini par payer puisque le chauffeur de la navette, dont on a découvert qu'il n'avait pas respecté l'itinéraire habituel, a été mis en examen, tout comme le transporteur, la municipalité de Pourrières. Une première victoire pour Hélène qui entrevoit le bout du tunnel. "Pour nous, c'est un aboutissement, même si ça ne nous ramènera pas nos enfants et que l'on sera détruit à jamais. On a de l'espoir bien sûr. Avec un procès, on aura l'impression que la justice nous aura supportés et qu'elle aura retrouvé son nom parce qu'aujourd'hui, on a perdu confiance en elle", affirme-t-elle.

En attendant cet éventuel procès, Hélène tente de se reconstruire et perpétue le souvenir de sa fille à travers une association et un ouvrage intitulé "Ce petit bout de chemin maudit" (Édition Red'Active), dans lequel elle raconte, avec son époux, sa douleur et sa quête de vérité.

Propos recueillis par Lionel Maillet