Frédéric Jacquet de la CNL revient sur l'effondrement des immeubles à Marseille

Frédéric Jacquet, président de la fédération des Bouches-du-Rhône de la CNL (Confédération Nationale du Logement) était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 6 novembre animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Il donne son avis sur l'effondrement de trois immeubles à Marseille et dénonce le mal-logement en France

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Trois immeubles s'effondrent à Marseille

Selon le dernier bilan, l'effondrement le 5 novembre de trois immeubles rue d'Aubagne en plein centre-ville de Marseille a fait trois morts. Il resterait probablement entre cinq et huit personnes ensevelies sous les décombres. Les secours continuent leurs recherches. Comment peut-on en arriver là ? Pour Frédéric Jacquet, président de la fédération des Bouches-du-Rhône de la CNL (Confédération Nationale du Logement) l'effondrement est lié à la vétusté " un bâtiment qui a plus de deux cent ans, on peut le rénover comme on veut, au bout d'un moment ça ne sert plus à rien ! C'est juste logique. "

Un des immeubles avait été fermé, l'autre était rénové en partie et pourrait avoir abrité des squatteurs. " Le problème avec le mal-logement en France c'est que dès qu'il y a des endroits vides, des gens se mettent dedans. C'est un problème de pauvreté dans notre pays. " D'autres immeubles sont dans le même cas à Marseille dans ce quartier, Patrick Roger se demande alors s'il ne faudrait pas envisager des mesures d'urgence ? " Pour cela il faudrait que le gouvernement quel qu'il soit prenne la mesure du problème de la vétusté et du mal-logement en France. Mais il n'y a pas qu'à Marseille que nous vivons cette situation. Toute la France est touchée. "

Aider les propriétaires à entretenir leur logement

L'autre problème soulevé par cet effondrement serait le manque de moyens de certains propriétaires pour entretenir correctement leur bâtiment. " Il faudrait aussi se poser réellement la question de savoir comment engager un vrai plan d'urgence sur le logement aujourd'hui en France. Il faudra sans doute plusieurs mandats pour y parvenir. " Le problème viendrait notamment du manque d'aide pour certains propriétaires, " pour les petits propriétaires surtout ! Les plus gros sont assez avantagés. Dans les différentes lois successives sur le logement on voit qu'on taille la part belle aux gros propriétaires. Un propriétaire ne devient pas forcément marchand de sommeil mais à un moment donné quand on voit le prix des matériaux et des rénovations dans le secteur du bâtiment, on réalise mieux le problème. "

Sans crédits d'impôt, les propriétaires peinent à faire des rénovations sachant qu'ils seront ensuite taxés sur ce qu'ils toucheront par la suite. " C'est le serpent qui se mord la queue. Quelqu'un qui achète un logement et qui le met en location n'est pas de mauvaise foi et ne va pas exploiter son locataire ! Mais il faut que l'État cesse de subventionner les gros propriétaires qui ont les moyens de faire leurs travaux au détriment des autres qui rencontrent de réelles difficultés. En France, " tant qu'il n'y pas de drame on ne comprend pas la nécessité de changer la réalité, mais moi je suis assez pessimiste et je ne crois pas que ce drame fasse bouger les choses. On va faire le constat et il ne se passera pas grand chose ensuite " termine Férdéric Jacquet, président de la fédération des Bouches-du-Rhône de la CNL. 

 

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