Selon une étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, le marché de la drogue dans l’Hexagone représente aujourd’hui 6,8 milliards d’euros. Mais comment ces liasses de billets d’argent sale se frayent-elles un chemin vers le système légal ? Durant six mois, la journaliste Florence de Soultrait a enquêté sur les circuits de blanchiment des liquidités issues du trafic de drogue…. Des restaurants aux barbers, en passant par le CPF ou la restauration rapide, les narcotrafiquants ne manquent pas d'idées...
"Ils ont beaucoup moins peur des saisies de produits que de se faire saisir l’argent"
J’ai rapidement compris dans ce reportage de terrain que, pour eux, l’argent est la chose la plus importante, raconte au micro de Sud Radio Florence de Soultrait, journaliste et auteure d’un reportage Enquête Exclusive, qui met en lumière des réseaux de blanchiment qui opèrent en toute impunité. Ils ont beaucoup moins peur des saisies de produits que de se faire saisir l’argent. C’est la raison ultime pour laquelle ils se mettent en danger."
"Une diversité d'investissements"
"Le principe, c’est d’avoir une diversité d’investissements. On le voit avec la DZ Mafia. Du lingot d’or au petit commerce, en passant par l’investissement dans des sociétés, ce sont des millions qui peuvent être blanchis en toute impunité." Aujourd’hui, selon l’observatoire français des drogues, les trafics représentent 6,8 milliards d’euros.
🗣️@flodesoultrait, journaliste : "Les sociétés de CPF, c'est un grand classique des narcotrafiquants pour blanchir l'argent" #GrandMatin
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"Se faire du cash régulièrement"
Nombreuses sont les façades commerciales qui permettent de blanchir l’argent. "Une des façons de blanchir l’argent est d’ouvrir de petits commerces qui ne sont jamais à leur nom, décrypte Florence de Soultrait, journaliste et auteure d’un reportage Enquête Exclusive, sur l'antenne de Sud Radio. Ce va être un ami, une tante, une cousine lointaine. Certains blanchissent avec des déclarations de revenus fausses. Mais il y a des commerces qui tournent, pour faire fructifier l’argent. Nous avons filmé une épicerie. Ils vont acheter en cash des boissons auprès de fournisseurs. Cela tourne vite, c’est un moyen de faire tourner du cash régulièrement."
"Toutes les criminalités se rencontrent"
"Pour cela, il faut des complicités, que le fournisseur de boissons accepte du cash parce que cela l’arrange. Nous, citoyens, avons un rôle : quand on accepte cela, on participe à quelque chose de bien plus grave, le blanchiment de l’argent de la drogue." Même le Compte Professionnel de Formation (CPF) peut être détourné. "Toutes les criminalités se rencontrent. Vous allez aller vers l’escroquerie. Tous les trafiquants avec qui j’étais en contact avaient des entreprises de CPF. Ils ont besoin de sociétés faisant de fausses factures. Ils rachètent une « tôle », une fausse société de taxe carbone, de faux tests Covid… Pour recevoir des aides de l’État. Ils s’allient avec des escrocs."
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