Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michel Vianès.
- Bonjour Michel.
- Bonjour Frédéric.
- Alors, un Regards de Femmes aujourd'hui consacré au dernier rapport du HCE rendu public lundi.
- Santé mentale, genre et troubles dépressifs, pourquoi les femmes sont-elles plus à risque ? Dites-nous tout.
- Eh bien, c'est un constat alarmant, puisque en France on a 18,2% des femmes qui souffrent de troubles dépressifs contre 12,8% des hommes, donc il y a un écart qui se creuse dès l'adolescence.
- Alors je dirais que le point fondamental du rapport, c'est de balayer d'un revers de main une lecture naturalisante.
- Il n'existe aucune cause biologique ou naturelle qui condamnerait les femmes à être plus touchées.
- Et donc cet écart, c'est bien le fruit de rapports sociaux.
- Si les femmes dépriment davantage, c'est parce qu'elles sont structurellement plus exposées à la précarité et aux violences sexuelles, à l'isolement et bien sûr, on le dit plusieurs fois, à cette charge mentale qui est écrasante.
- Et donc c'est un problème politique et social, ce n'est pas une fatalité.
- Bon, le HCE pointe un engrenage qui traverse tous les âges de la vie et cumule les vulnérabilités.
- Oui, tout à fait, parce que dès l'adolescence, alors sous le poids du harcèlement scolaire, des réseaux sociaux, dont on a parlé aussi à plusieurs reprises, le bien-être mental des filles s'effondre et près d'un quart des lycéennes présentent un risque élevé de dépression.
- Et malheureusement, cet écart s'amplifie à l'âge adulte à travers, je dirais, des angles morts majeurs.
- D'abord la maternité.
- Alors, je vous donne un chiffre qui, moi-même, m'a vraiment frappé.
- Le suicide et les causes psychiatriques sont devenues la première cause de mortalité maternelle avec près de 80% de ces décès qui seraient évitables, justement, s'ils étaient pris en charge.
- Alors, au travail également, la souffrance psychique, c'est devenu la première maladie professionnelle chez les femmes qui sont prises, je dirais, en étau.
- Entre des métiers du lien social qui sont très exigeants psychologiquement et les danses familiales, puisqu'on sait que plus de la moitié des proches aidants sont des femmes.
- Et l'autre point aussi qui est passé à l'angle mort, c'est le vieillissement, le veuvage, l'isolement, la ménopause qui vont plonger les femmes âgées dans une dépression qui est souvent, alors là, invisible.
- Et c'est l'accumulation de ces fractures qui brise, justement, la fameuse santé mentale des femmes.
- Michel Vianès, que faut-il retenir des 41 recommandations du rapport pour améliorer la prévention et la prise en charge ? Le HCE exige des mesures d'urgence.
- C'est quand même l'objectif et la mission du HCE, c'est d'apporter des réponses et de faire des recommandations au gouvernement.
- Donc, le HCE exige des mesures d'urgence articulées, je dirais, autour de trois grands axes.
- Je ne vais pas reprendre les 41.
- D'abord, tout ce qui est prévention.
- Le HCE exige des mesures d'urgence articulées, je dirais, autour de trois grands axes.
- Donc, renforcer la pédopsychiatrie et systématiser le repérage précoce de la souffrance psychique et des violences chez les adolescents.
- Pendant la maternité et la vie adulte, étendre le suivi périnatal aux deux ans de l'enfant, parce qu'il y a une visite comme ça, puis après, on oublie.
- Rendre obligatoires les entretiens de suivi, c'est ça qui est important.
- Et proposer systématiquement...
- un soutien psychologique après une PMA et une perte de grossesse, qu'elle soit décidée par les médecins ou qu'elle arrive soudainement.
- Et donc, pour terminer, sur le plan professionnel et structurel, il y a bien les trois étapes.
- Il faut travailler sur les trois.
- Reconnaître la souffrance psychique et le burn-out des maladies, comme des maladies professionnelles.
- Et puis, je dirais, lancer un plan national contre l'isolement des aînés et faciliter l'accès aux soins.
- Donc, en conclusion, le HCE demande ainsi de mieux rembourser d'abord les psychothérapies par la Sécurité sociale, ça, c'est un point qui me paraît important, surtout pour les jeunes et les moins jeunes.
- Et d'élargir...
- Il y a un dispositif qui existe à Monpsy, à l'ensemble du territoire et à toutes les formes de troubles.
- Et donc, il est temps, justement, de cesser de culpabiliser les femmes et de soigner enfin les structures qui les font souffrir.
- Très intéressant, ce rapport du HCE.
- Merci.
-...
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