Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michel Vianès.
- Bonjour Michel.
- Bonjour Jean-François.
- Michel Vianès, président de Regards de Femmes, membre du Haut Conseil à l'égalité femmes-hommes.
- Ce matin, vous nous parlez, je la découvre grâce à vous, de l'application financière Plume, P-L-U-M, et une étude qui est publiée, intitulée, vous allez tout nous dire Michel, c'est très curieux, « Cuffing Season », premier rendez-vous amoureux, combien dépensent les 18-34 ans équipés l'addition ? Expliquez-nous.
- Alors, justement, ce qui m'a interpellée, c'est pour ça que je voulais le partager, cher Jean-François, c'est d'abord cette mode, je dirais, anglo-saxonne de la « Cuffing Season », donc c'est une tendance où l'on chercherait à se caser pour affronter l'hiver, donc le froid gênant.
- Pour affronter l'hiver, donc trouver un compagnon ou une compagne pour se mettre au chaud.
- Voilà, et pour ne pas être tout seul.
- Et ce qui m'a vraiment interpellée, c'est justement la persistance d'une vision très marchande, énormée, stéréotypée des relations amoureuses, puisque l'étude nous apprend qu'un premier rendez-vous coûte en moyenne 66 euros.
- Alors, il y a le repas, il y a le déplacement, il y a les vêtements, tout ça.
- Mais surtout, ce qu'elle met en lumière, c'est les attentes financières et relationnelles qui pèsent encore sur les jeunes 18-34 ans, donc pas si jeunes que ça.
- Et derrière, j'irais, la légèreté apparente du dating.
- J'ai voulu voir ce que ces chiffres, justement, révèlent sur notre société et justement sur les rôles que l'on assigne encore aux uns et aux autres.
- C'est un sacré stéréotype.
- Donc, vous nous expliquez que nous avons réussi à quantifier le coût du premier rendez-vous.
- C'est délirant.
- Oui.
- Alors, combien les jeunes Français ? Combien ? Combien ? Qu'est-ce qu'ils sont-ils prêts à dépenser pour ce premier rendez-vous amoureux ? Alors, il y a des écarts significatifs.
- Et c'est ça qui m'intéresse le plus, avec des injonctions qui sont persistantes.
- Par exemple, le budget moyen global est de 66 euros.
- Je trouve ça vraiment cher, mon femme.
- Bon, dans le détail, les hommes déclarent dépenser en moyenne 72 euros contre 52 euros pour les femmes.
- Et ce qui est encore plus révélateur, à mon avis, c'est que 31% des hommes, s'attendent à régler la totalité de l'addition pour le premier rendez-vous contre seulement 4% des femmes.
- Et je dirais qu'en outre, 15% des femmes s'attendent à ce que l'autre paye tout contre 7% des hommes.
- Donc, le partage à part égale, il reste bien sûr l'option privilégiée pour 34% des jeunes, mais un tiers seulement.
- Et ces chiffres montrent bien que l'argent au premier rendez-vous, il n'est pas tout à fait neutre.
- Est-ce qu'il faut, Michel, vous qui défendez l'égalité femmes-hommes, et je vous en remercie, qu'il y ait une forme d'égalité aussi pour régler l'addition du premier rendez-vous, un 50-50 ? C'est un côté un peu tue-l'amour, tout ça.
- Tout à fait. Je suis tout à fait d'accord avec vous, mais je tenais quand même à en parler parce que ça m'a vraiment interpellée.
- Alors, ce qui est aussi intéressant, si vous me permettez, c'est de parler de ce qu'ils appellent les red flags financiers, c'est-à-dire les jugements.
- Ce qui est rédhibitoire.
- Donc, les trois quarts des jeunes considèrent comme rédhibitoire tout ce qui a un rapport avec la radinerie.
- Alors, c'est plein de dépris, ou bien, c'est plus que de la radinerie, c'est laisser croire que l'on a un vide pour finalement diviser l'addition.
- Et ça, c'est le côté un peu radar.
- Et puis, il y a aussi 55% qui pointent du doigt l'ostentation, c'est-à-dire parler trop vite de son salaire.
- Donc, l'argent devient ainsi un véritable test de compatibilité.
- Mais moi, ce qui m'importe vraiment, c'est de regarder ce qui se cache derrière ces exigences.
- On est sur les codes de séduction qui restent profondément ancrés dans des schémas traditionnels où l'homme doit afficher une certaine aisance matérielle et où les femmes continuent dans une proportion non négligeable d'atteindre que les hommes assument la charge financière.
- Donc, ce que je dirais, c'est que, malgré des décennies de luttes, de théories et d'actions pour justement déconstruire tous ces stéréotypes sexués, eh bien, le portefeuille de monsieur et l'attente de madame,...
Transcription générée par IA