Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michel Vianesse.
- Bonjour et bienvenue à vous Michel Vianesse.
- Bonjour Jean-François.
- Présidente de Regards de Femmes, vous êtes membre du Haut Conseil à l'égalité femmes-hommes.
- Michel, vous allez évoquer cette journée internationale des filles qui est programmée demain, dimanche, le 11 octobre.
- D'abord avec vous Michel Vianesse, présentez-nous cette journée, nous dire pourquoi elle a été créée.
- J'ai cru comprendre que vous étiez présente le 11 octobre 2012, ça ne date pas d'hier, à l'ONU lors de la première journée internationale des filles.
- Oui, et c'est un souvenir très fort.
- C'était au siège des Nations Unies, donc à New York, et la création de ce rendez-vous, qui est toujours méconnu, mondial, a été porté, je dirais, par une détermination très forte d'ONU Femmes, qui était à cette époque sous la direction de Michel Bachelet.
- Et alors pourquoi cette journée ? Pourquoi cette journée est-elle indispensable ? Eh bien parce que les jeunes filles étaient totalement invisibles.
- Elles tombaient constamment, j'irais, dans un angle mort.
- Elles étaient occultées dans les programmes généraux pour les femmes, et aussi, j'irais, négligées quelque part dans les politiques globales pour les enfants, qui étaient plutôt pour les garçons.
- Mais parce que naître dans de trop nombreux pays, Michel, naître fille, reste un défi quotidien pour sa liberté et sa survie.
- Tout à fait.
- C'est surtout revu.
- Reconnaître enfin la fille comme gérer un sujet de droit spécifique, avec des besoins, des vulnérabilités propres.
- Oui. Il y a un thème cette année, Michel Vianès.
- Mettons fin au mariage d'enfants et investissons dans les droits des filles.
- C'est une sorte de cri d'alarme, parce qu'il y a des chiffres, il y a une urgence afghane, vous dites.
- Oui. Alors c'est une urgence absolue pour toutes les femmes, puisque les chiffres sont quelque part vertigineux.
- Vertigineux.
- Donc, chaque année, plus de 12 millions de filles sont mariées avant d'avoir atteint l'âge adulte, c'est-à-dire une fille toutes les trois secondes.
- Et en Afrique subsaharienne, la prévalence est très forte, elle va même jusqu'à 31%.
- Et bien sûr, comme d'habitude, enfin comme toujours, malheureusement, ce n'est pas une habitude, on n'accepte pas.
- Le cas le plus dramatique aujourd'hui, c'est l'Afghanistan.
- Oui.
- Depuis le retour des talibans, la détresse économique est telle que les parents sont réduits à l'impensable, vendre leur propre fille en mariage, parfois dès l'âge de 9 ans, simplement pour pouvoir nourrir le reste de la famille.
- Donc c'est la fille qu'on sacrifie, bien sûr.
- On parle de fillettes arrachées à l'enfance pour devenir quelque part, d'une part des servantes et aussi des épouses, c'est-à-dire pour une violation massive de leurs droits.
- Alors le levier pour agir et pour conclure à Michel Vianès, il est juridique en réalité, vous évoquez la déclaration de naissance, l'état civil, Regarde Femmes est alerte là-dessus depuis plus de 15 ans.
- En quoi la déclaration de naissance est une arme clé contre ces 12 millions, vous nous dites, chaque année de mariages précoces ? Eh bien c'est le point le plus crucial et pourtant le plus invisible.
- Donc comment voulez-vous lutter contre les mariages précoces ? Jean-François, si on ne connaît même pas l'âge légal des filles.
- Donc sans acte de naissance, donc une enfant, elle n'a pas d'existence juridique, elle n'a pas de protection face à la loi et l'état civil est indispensable pour être un sujet de loi.
- Sans identité officielle, une fille ne peut ni faire valoir son droit d'aller à l'école, ni être protégée contre un mariage illégal ou le travail forcé.
- Et investir, justement c'est pour ce que je note, investir dans le droit des filles, voilà, enregistrer chaque naissance et on sait bien sûr que les réformes et les investissements fonctionnent puisque, un chiffre positif quand même, 68 millions de mariages d'enfants ont été évités ces 25 dernières années selon l'UNICEF.
- Donc pour nous, pour le regard de femmes en particulier, mais pour tout le monde, donner une existence légale à chaque fille, c'est lui donner un bouclier pour toute sa vie.
- Et il y a donc des raisons d'espérer. Merci Michel Vianès, je rappelle cette journée internationale des filles demain.
- Le 11 octobre, heureusement que vous êtes là pour...
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