Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michel Vianès.
- Bonjour à vous Michel Vianès.
- Bonjour Jean-François.
- Président de Regards de Femmes, membre du Haut Comité à l'égalité femmes-hommes, heureux de vous recevoir comme toutes les semaines sur l'antenne de Sud Radio.
- Vous étiez présente hier au square Samuel Paty, près de la rue des Écoles à Paris, pour la commémoration organisée comme chaque année par le Mouvement pour la paix contre le terrorisme.
- C'est la commémoration de l'assassinat de Samuel Paty.
- Un rappel, c'était le 16 octobre 2020, le professeur sauvagement assassiné à Eranis-sur-Oise, tout près de Conflans-Saint-Honorin.
- Vous étiez présente.
- Important cette commémoration, Michel Vianès.
- Oui, j'y suis présente tous les ans depuis qu'elle est organisée.
- Et aujourd'hui, nous voyons bien à quel point notre école est traversée, je dirais, par des tensions.
- Des tensions très rives.
- De la violence et parfois même des dégradations qu'on peut revoir dans les universités ou les lycées.
- Et dans ce contexte, je dirais que troubler, bien sûr, rendre hommage à nos enseignants laïcs n'est pas un exercice formel, c'est bien un rappel d'urgence républicaine.
- Et pour moi, c'est extrêmement important.
- Et question de la liberté, de quelle liberté parlons-nous au juste ? Oui, c'est la question qu'on se pose.
- De temps en temps, parce que la liberté, ce n'est pas le droit de faire tout ce qu'on veut quand on veut, ni d'imposer un dogme aux autres.
- Définir la liberté, c'est d'abord rappeler que la liberté fondamentale, c'est la liberté de conscience.
- La liberté de croire, de ne pas croire, de douter, de changer de religion, entre autres.
- Et le corollaire, je dirais, indissociable, c'est la liberté d'expression qui est garantie et encadrée par la loi commune, et non par une règle religieuse.
- Et je dirais que ces assassinats, ce ne sont pas des faits divers isolés, mais des attaques ciblées contre ces libertés.
- Et l'école en particulier, qui n'a pas à s'adapter au dogme, ni à céder, je dirais, contre des intimidations.
- Je rappelle quand même, je pense qu'il est toujours important de rappeler que l'école est là pour former des citoyennes et des citoyens libres, pas pour ménager des croyances.
- Et depuis trop longtemps, justement, ces idéologies obscurantistes, elles cherchent à isoler et surtout à signer les individus, et particulièrement les jeunes filles, pour les soumettre et les séparer.
- Ce n'est pas les apartheids sexuels dont nous parlons, du commun républicain.
- Et puis il y a ce film, L'abandon, de Vincent Garin, qui a été présenté à Cannes cette année, qui est inspiré en partie du livre Les derniers jours de Samuel Paty, de Stéphane Simon.
- Important de voir ce film, L'abandon.
- Oui, ce titre est une alerte.
- Il a été décidé de le reprogrammer en octobre dans les cinémas pour justement inviter les collégiens et les lycéens à le voir.
- Et ce film montre cette mécanique terrible des réseaux sociaux, on en parle souvent sur d'autres points, mais aussi surtout la solitude d'un professeur face à tous ces accommodements déraisonnables et à la peur d'aborder les sujets qui fâchent.
- Donc L'abandon, pour moi, c'est un rappel.
- Dès que la société renonce à définir et à défendre fermement la laïcité, c'est l'autorité de l'école tout entière qu'on laisse s'effondrer.
- Encore un mot, Michel Vianès, qu'est-ce que ça signifie d'être fidèle aujourd'hui à Samuel Paty, mais également à Dominique Bernard ? Eh bien, c'est refuser l'autocensure et la peur.
- Et c'est affirmer, haut et fort, que le droit au blasphème, c'est-à-dire le droit de critiquer, de caricaturer ou de moquer, toutes les idées et toutes les religions, c'est, comment je dirais, consubstantiel à la démocratie.
- Une religion, c'est une opinion, ce n'est pas sacré, et ce qui est sacré, justement, c'est la liberté de conscience de chaque individu.
- Et aujourd'hui, plus que jamais, il est temps de choisir entre l'émancipation et le repli, entre, je dirais, la République laïque et universaliste, et la soumission.
- Et, j'ai l'impression que, en général, on continue de penser que c'est la vie de l'homme.
- et pour Samuel et Dominique Bernard donc ni oubli ni pardon Oui Dominique Bernard qui était ce professeur de lettres assassiné à Arras merci à vous pour ce rappel nécessaire à...
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