Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michel Vianès.
- Et bonjour à vous Michel Vianès.
- Bonjour Jean-François.
- Présidente de Regards de Femmes, membre du Haut Conseil à l'égalité femmes-hommes.
- Très heureux de vous retrouver ce matin.
- Nous repartons avec vous pour une nouvelle saison.
- Votre regard est éminemment précieux.
- Michel Vianès, nous allons évoquer ce matin la question du voile avec ce référendum dont il a été beaucoup question qui est proposé par le Rassemblement National.
- Eh bien, ce projet de référendum, c'est pour moi une manœuvre d'occupation médiatique puisque l'article 11 de la Constitution est très clair.
- Il n'autorise pas de référendum sur les libertés publiques.
- Donc proposer cela, c'est soit faire preuve d'une méconnaissance grave de nos textes fondamentaux, c'est aussi possible, soit faire semblant de bouger, de faire, je dirais, de la surenchère populiste.
- Et puis, je dirais, moi ce qui m'agace profondément, profondément dans ce débat, c'est qu'on est en train de passer des heures à discuter de la faisabilité juridique d'un référendum irréalisable au lieu de poser la vraie question, celle de la signification du voilement des femmes dans l'espace public.
- Oui, parce que c'est pour vous le point essentiel.
- Il y a la politique.
- C'est vrai que le RN de Marine Le Pen veut bousculer cette histoire de référendum parce qu'il y a le Conseil constitutionnel, il y a une campagne présidentielle.
- Mais vous, dites-nous ce matin, Michel Vianès, ce que signifie à vos yeux ce voilement dans l'espace public ? Eh bien, tout simplement parce que l'espace public cesse d'être un espace public de liberté quand une femme doit se cacher pour y circuler sans peur ou sans risquer de la violenté.
- Le voilement, ce n'est pas un banal vêtement, comme on va nous faire croire.
- C'est bien un instrument politique et des femmes acceptent d'être comme ça, les portes au drapeau, pour reprendre ma phrase depuis longtemps, c'est les portes au drapeau de l'islam politique dans son désir d'occuper les espaces et les esprits.
- Et je dirais que ça renvoie à une image dégradante des êtres humains, aussi bien des femmes qui sont réduites à un objet sexuel qui doit se cacher et qui doit avoir honte de son corps, ou l'homme, un prédateur qui est incapable de maîtriser ses pulsions à la vue d'une simple mèche de cheveux.
- Et justement, au lieu de s'égarer dans ce débat, d'affichage sur un référendum irréalisable, moi je voudrais qu'on pose la vraie question, et ce qu'on rappelle d'ailleurs dans notre ouvrage qui vient d'être publié, « Laïcité et droit des femmes, l'autonomie en question », parce que le voilement, ce n'est pas un symbole anodin, et je dirais que de plus en plus, il se développe dans le pays et chez les publics.
- Avec un impact, il faut le rappeler, Michel Vianes, on l'oublie trop souvent dans cette affaire, il y a l'impact sur les enfants.
- Oui, bien sûr, et voiler les fillettes, c'est tout simplement une forme de maltraitance au sens de la Convention internationale des droits de l'enfant, qui dit clairement que cela fait peser un risque majeur à la fois sur le développement social et cognitif, mais aussi physique et psychique des fillettes.
- Et donc, qu'est-ce qui se passe ? D'abord, on enseigne à ces petites filles la honte de leur corps, et qu'il faudrait qu'elles se cachent, car elles seraient une source de désordre.
- Et puis, moi, ce qui me choque encore plus, c'est cette instauration d'un apartheid sexué dès l'enfance, où on va séparer les filles des garçons, et puis les filles des autres filles aussi, pour en faire justement ces petites soldates de cette idéologie.
- Et moi, je veux être très claire, c'est ce que j'ai fait comme rapport justement à la Convention internationale des droits de l'enfant, à ce sujet.
- On n'a pas besoin en France de réviser la Constitution, ni de voter des nouvelles lois d'affichage.
- Les outils juridiques sont là.
- Il suffit d'appliquer fermement l'article 375 du Code civil, qui est relatif à la protection des mineurs en danger.
- Donc, la question, elle n'est pas constitutionnelle, elle est politique et elle est morale.
- Est-ce que le gouvernement, est-ce que le gouvernement va enfin se décider...
Transcription générée par IA