Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le grand matin au week-end, l'info éco plus, Didier Testo.
- Bonjour mon cher Didier.
- Bonjour Maxime.
- Fondateur de la Bourse et de la Vie TV.
- Aujourd'hui, dans cette chronique, vous nous parlez de la Banque Centrale Européenne, appelée familièrement la BCE, qui s'active sur le grand projet de ce qu'on appelle l'euro numérique.
- Et on a quand même l'impression que ça patine un tout petit peu.
- Est-ce que vous pouvez nous dire où on en est concrètement dans le projet ? Alors c'est le grand chantier monétaire de la décennie, on pourrait dire.
- Pour faire simple, la BCE, elle est techniquement prête.
- Elle a mis le pied sur le frein en attendant le feu vert politique.
- La décision finale des missions n'appartient en effet pas aux banquiers centraux, mais au Parlement européen, au Conseil de l'Union Européenne, qui finalise en ce moment même le cadre législatif.
- Alors si nos députés européens votent le texte, un grand test grandeur nature, un pilote en quelque sorte sera lancé l'an prochain pour une mise en circulation officielle espérée vers 2029.
- L'enjeu principal, c'est de retrouver notre souveraineté.
- Aujourd'hui, quand vous payez par carte bancaire près de 70% des transactions en Europe passent par des réseaux internationaux américains, Visa ou Mastercard, sans parler d'Apple Pay, l'Europe est un peu sous perfusion technologique étrangère.
- Alors l'euro numérique ne sera une monnaie publique, stockée sur votre téléphone, utilisable partout en France, sans frais.
- Mais c'est là peut-être que le grand public risque d'être surpris.
- Il y aura une limite stricte, on ne pourra pas y mettre toutes nos économies.
- Le chiffre qui circule pour l'instant fait l'objet d'une intense discussion, en tout cas à Bruxelles, c'est 3000 euros.
- Un plafond maximum per personne, au-delà de ces 3000 euros, votre argent devra retourner sur votre compte bancaire classique.
- Si on se parle assez franchement, Didier, 3000 euros, c'est quand même très peu pour remplacer notre système actuel.
- Pourquoi on veut absolument imposer une telle limitation ? Oui, il faut éviter de tuer nos banques traditionnelles.
- C'est ce qu'on appelle la peur du bank run, la fuite massive des dépôts.
- Imaginez la Banque Centrale Européenne, c'est l'institution bien sûr la plus sûre d'Europe, elle ne peut pas faire faillite.
- Si on n'imposait aucune limite, on pourrait dire qu'à la moindre petite crise financière ou même par simple confort, des millions d'Européens transfèreraient leur salaire, leur épargne directement sur cet euro numérique.
- Les banques commerciales risqueraient de se retrouver à sec.
- Ce sont les dépôts qui permettent de prêter de l'argent pour financer nos crédits immobiliers ou les entreprises.
- Ce plafond de 3000 euros, c'est donc en quelque sorte un bouclier pour ne pas dynamiter le système de crédit actuel.
- Mais il faut dire aussi que le sujet de souveraineté est pris au sérieux.
- Ce plafond de détention, il est quand même très bas parce qu'il y a aussi derrière le sujet des frais des commerçants.
- Le Conseil va indexer sur les cartes bancaires pendant 5 à 10 ans.
- C'est à peu près une décennie de tarification privée.
- Et pour ceux qui hurlent à l'espionnage, leur point clé concernant la vie privée, il faudra suivre ce qu'on appelle l'architecture Privacy by Design, l'interdiction de tracer les paiements.
- Le texte prévoit l'anonymat hors ligne et l'interdiction pour la BCE d'accéder aux données de transaction.
- Donc aux parlementaires européens de jouer dans l'intérêt des citoyens européens.
- Car en face, on sait que les Etats-Unis avancent, la Chine aussi.
- Cet avenir ne peut pas se dessiner sans nous, Européens.
- Justement, quand on vous écoute, Didier, est-ce qu'on n'a quand même pas, la sensation, est-ce qu'on ne peut pas dire que la Banque Centrale Européenne se trompe de combat ? Oui, le premier sujet, c'était le montant, bien sûr, peut-être à discuter.
- Mais surtout, si on regarde où va se jouer la bataille monétaire, c'est déjà parti, en réalité.
- Il s'agit du marché de, on en a parlé ici, des stable coins, une crypto-monnaie qui est adossée à une monnaie comme l'euro ou le dollar.
- Ce marché pèse déjà plus de 320 milliards de dollars avec des volumes de transactions supérieurs même à ce que connaissent Visa ou Mastercard...
Transcription générée par IA