Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le grand matin au week-end, l'info éco plus, Didier Testo.
- Bonjour mon cher Didier.
- Bonjour Maxime.
- Aujourd'hui, la crise énergétique, on le constate, que vous avez déjà évoqué ici il y a quelques semaines, mérite quelques précisions historiques avec tout ce qu'on voit.
- Malgré les annonces de cesser le feu, clairement l'issue de la guerre en Iran demeure incertaine, mais sans doute ce qui est plus important aujourd'hui dans ce conflit, c'est qu'il révèle nos faiblesses.
- Notre vulnérabilité est immense pour la simple raison que jamais le monde n'avait connu une crise de cette ampleur, alors que si on prend notre pays, mais aussi de nombreux autres pays, comme les Etats-Unis en premier lieu, avec des niveaux d'endettement élevés, ça limite les capacités des gouvernements à limiter le choc de la flambée des prix de l'énergie.
- Ceux qui nous écoutent se souviennent peut-être des années 70 avec ces premiers chocs pétroliers.
- Ils avaient conduit alors à ce qu'une économie comme celle de la France, où le déficit était rare, à des déficits permanents, quelle que soit la couleur politique par la suite, avec les alternances.
- Pour se rendre compte de ce que cela donnait aux Etats-Unis, un déficit typique se situe autour de 2% du PIB, alors même qu'on se trouve aujourd'hui sur des niveaux pour les pays du G7 qui sont passés de 20 à plus de 100%.
- Changement d'univers, pourrait-on dire.
- Et sachant que des mesures sont prises en France, comme dans d'autres pays, pour atténuer cette crise, parce qu'elle touche forcément tous ceux qui la subissent.
- Alors voilà, contrôle des prix, baisse de la taxe.
- TVA, rationnement pour les pays les plus touchés, ça arrive.
- Subvention pour certains combustibles.
- Mais ce qui freine, c'est que les marchés obligataires, eux, ont déjà réagi avec une hausse des taux d'intérêt, alors qu'en période de crise, la réaction classique est plutôt une baisse des taux d'intérêt à long terme.
- Car qui dit ralentissement de la croissance anticipe une politique monétaire plus souple ? Eh bien là, tous nous disent anticipation d'une inflation plus élevée.
- Mais la lecture de ces marchés, c'est celle aussi d'un risque de dépenses publiques supplémentaires.
- Donc choc pétrolier, dépenses publiques en hausse, explosion des déficits et de la dette, demande d'une prime plus élevée pour ces obligations.
- Juste pour avoir une idée d'où nous en sommes, nous étions l'an dernier, la dette mondiale avait atteint un niveau record de 348 000 milliards de dollars, en gros trois fois le produit intermédiaire mondial.
- Et pour les banques centrales, ce n'est pas un simple face à un tel scénario, car même si le choc pétrolier ralentit la croissance économique, les banques centrales pourraient se retrouver dans l'incapacité d'intervenir.
- La réaction des marchés obligataires est un signal d'alarme.
- Quand on voit que dans certains pays, les intérêts de la dette, c'est aussi le cas de la France, sont supérieurs aux dépenses, comme dans l'éducation, la défense, eh bien la dette est un sujet clé aujourd'hui.
- On peut le dire, l'économie mondiale est asphyxiée par ces dettes.
- Et ce qui se passe en ce moment dans le Golfe Persique aura donc des répercussions sur tous les chocs à venir, même lorsque cette guerre prendra fin.
- Le pétrole ne redescendra peut-être pas si facilement, selon plusieurs banques d'affaires, c'est ce que le risque hors mousse est désormais présent.
- Et permanent, les coûts d'assurance plus que les coûts de logistique sont structurellement plus élevés.
- Les stocks nécessitent des années pour être constitués.
- On voit des raffineurs qui ajustent leurs prix en raison de l'incertitude.
- On pourrait dire que le monde d'avant-guerre a disparu.
- Les banques Goldman, Citibank, UBS, par exemple, sont tous d'accord.
- Ce sera plus haut, plus longtemps.
- Ce n'est plus une prévision, c'est la nouvelle réalité.
- Justement, en parlant de réalité, il y a aussi cette affaire d'intelligence artificielle qui prend de plus en plus de place.
- Et concernant cette utilisation de l'IA, il y a eu un nouveau coup de canard.
- Il s'est mis dans la fameuse confidentialité de nos données.
- C'est Chad GPT qui s'est illustré.
- C'est une histoire venue de Strasbourg révélée par les dernières nouvelles d'Alsace quand un homme de 37 ans...
Transcription générée par IA