Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le grand matin week-end, l'info éco plus, Didier Testo.
- Mon cher Didier, bonjour.
- Bonjour Maxime.
- Didier, cette semaine, tous les regards étaient tournés vers un seul endroit, en Suisse, c'est-à-dire à Davos.
- Lieu de rencontre, on le rappelle, des grands de ce monde.
- Et après le discours de Donald Trump, forcément, les marchés ont réagi.
- Alors, on pourrait dire un énième revirement de Donald Trump, puisqu'il a annoncé un projet d'accord, dont personne ne sait ce qu'il y a dedans avec le Greenland.
- Ça a soulagé les marchés financiers qui commençaient à s'inquiéter sérieusement avec ce climat de guerre entre anciens alliés.
- Mais au-delà de cette reculade sur le fond, ça montre surtout que ces marchés financiers sont sans doute les seuls capables de faire plier Donald Trump.
- Car on a pu voir aussi les taux d'intérêt aux Etats-Unis se rapprocher, par exemple, pour le 30 ans, autour de 5%, qui est un niveau rarement atteint et qui est un signe de la perte de confiance des investisseurs internationaux dans le système financier américain.
- Deux fonds de pension, un danois et un suédois ont même annoncé qu'ils allaient se désengager.
- Désengager des bons du trésor américain, ils invoquent un manque de confiance dans cette économie américaine.
- Symbolique, sans doute, mais ça montre aussi que la finance a des armes non négligeables et qu'elle peut agir concrètement.
- Il faut rappeler que l'Europe détient pratiquement 40% des bons du trésor américain, plus de 3 500 milliards.
- Si on voit l'exposition des actions, des actifs, c'est quasiment 10 000 à 12 500 milliards de dollars détenus par l'Europe.
- Même avec un ralentissement des nouveaux achats, ça pourrait compromettre la capacité des Etats-Unis, on le voit bien, c'est le talon d'Achille des Etats-Unis, la dette colossale qui est financée finalement par les étrangers.
- Et puis la bourse américaine étant très élevée, le risque d'éclatement d'une bulle est réel.
- Un déficit public courant particulièrement fort, Donald Trump ne peut pas se permettre de déclencher une panique sur les marchés financiers.
- Mais le sujet, c'est que ce n'était pas si simple que ça pour l'Europe de moins dépendre de cette amie et surtout de cette dette américaine. Pourquoi ? Les économistes sérieux le disent, cette dette américaine, ce niveau de dette est insoutenable.
- Mais si l'Europe venait à se désengager, ce ne serait pas sans conséquences.
- Avec bien sûr des mesures de rétorsion, ça, ça a été dit par Donald Trump lui-même.
- Mais ce n'est pas la crise, le nœud du problème.
- Parce que ce qui se passe aujourd'hui concerne les échanges de devises.
- La Banque Centrale Européenne, par exemple, échange des euros contre des dollars pour assurer ce qu'on appelle la liquidité aux entreprises qui achètent par exemple du pétrole ou du gaz en dollars.
- Ça s'appelle les lignes de soie pour les spécialistes.
- Si ça diminue, les conséquences pourraient être importantes.
- Moins de liquidité.
- Financement critique de l'économie.
- Voir un risque systémique pour les plus pessimistes.
- Au-delà d'une guerre commerciale, il y a donc un risque de crise financière majeure.
- On parle souvent de dépendance technologique aux Etats-Unis.
- On pourrait dire que nous sommes aussi gavés de la dette américaine.
- Et cela risque de nous coûter très cher pour sortir de ce bourbier monétaire.
- Et toujours à rappeler que la dette en France est 54% détenue par des étrangers.
- Et vous parliez de liquidité justement, mon cher Didier.
- Le Japon, dont vous nous aviez parlé ici même, inquiète lui aussi de plus en plus.
- Oui, parce que les taux continuent de monter.
- Et c'est spectaculaire.
- On a vu le marché obligataire japonais lancer pratiquement un avertissement.
- Cette semaine, on a eu des rendements des obligations japonaises à 40 ans qui a franchi la barre des 4% pour la première fois de son histoire.
- Le marché obligataire japonais, il faut le rappeler, c'est le troisième marché de la dette au monde.
- Ce qui s'est passé au Japon, on peut le dire comme ça, a contaminé les autres pays.
- Etats-Unis, Allemagne, Canada, Royaume-Uni, qui ont eux vu aussi une hausse des rendements.
- Ce qui se passe au Japon ne reste pas au Japon.
- Le Japon est le plus important détenteur étranger de...
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