Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le grand matin au week-end, l'info éco plus, Didier Testo.
- Bonjour mon cher Didier.
- Bonjour Maxime.
- Au cours de la dernière semaine, le sujet du Groenland a occupé les esprits avec les fameuses déclarations souvent toniturantes de Donald Trump.
- Mais vous nous parlez, vous, ce matin, de la bataille en cours entre Jérôme Powell, qui est gouverneur de la Banque Centrale aux Etats-Unis, et Donald Trump.
- Pourquoi est-elle si importante et pourquoi en ce moment surtout ? Parce que c'est une première dans l'histoire des Etats-Unis.
- Quand un haut responsable institutionnel américain engage publiquement, on peut le dire, un rapport de force avec le président des Etats-Unis.
- Et c'est le New York Times qui avait révélé le fait que le bureau du procureur fédéral du district de Columbia avait signifié une assignation à comparer devant un jury, un grand jury, au président de la réserve fédérale, Jérôme Powell, avec des menaces de poursuite pénale pour la rénovation d'un bâtiment historique.
- Et ce qui est clé, c'est que Jérôme Powell a réagi immédiatement, après l'apparition de cet article, concernant cette enquête, au lieu de publier un communiqué de presse, il a enregistré une vidéo qui est désarmée virale et avec des millions de vues, beaucoup plus que les vidéos de Lady Gaga, pour vous donner une idée.
- J'ai un profond respect pour l'état de droit et la responsabilité dans notre démocratie.
- Personne, certainement pas le président de la réserve fédérale, n'est au-dessus des lois.
- Mais cette action sans précédent doit être replacée dans le contexte plus large des menaces et des pressions constantes exercées par l'administration.
- Alors on le sait, depuis le début de son mandat, Donald Trump fait pression.
- Il fait pression sur la réserve fédérale pour demander des baisses de taux d'intérêt agressives.
- Alors la Fed a bien abaissé ses taux à trois reprises l'an dernier, justement sous l'impulsion de Jérôme Powell.
- Mais dans ce contexte, l'action judiciaire apparaît un peu comme une escalade qui vise à remettre en cause l'indépendance de la Banque centrale par rapport au pouvoir exécutif.
- La Fed qui est en charge, on le rappelle, de la stabilité des prix et du plein emploi aux Etats-Unis.
- Jérôme Powell a toujours insisté sur le fait que la politique monétaire de la Banque centrale repose sur la conjoncture économique et non sur des préférences.
- Et cette dernière escalade, on peut le dire, vaccine, m'a pris au dépourvu des analystes.
- Alors le mandat de Powell à la présidence expire le 15 mai 2026.
- Et les politiques imprévisibles de Donald Trump ont incité, par exemple, le gérant obligataire PIMCO tout simplement à diversifier ses investissements en s'éloignant des actifs américains.
- Le directeur des investissements de PIMCO a déclaré au Financial Times qu'il gère 2200 milliards de dollars qui allaient diversifier ses portefeuilles face aux politiques changeantes du président américain.
- C'est important de comprendre que cette administration est assez imprévisible.
- Qu'est-ce qu'on fait pour y remédier ? On diversifie nos investissements et on va être dans une période où on s'éloignera des Etats-Unis.
- C'est ce qu'il a dit.
- Et puis une nouveauté aussi en Europe qui est entrée en vigueur il y a quelques jours, c'est le fameux mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, plus simplement appelé la taxe carbone, mais qui va avoir de véritables conséquences économiques.
- Oui, ça va obliger les importateurs à déclarer la quantité d'émissions produites avec leurs produits étrangers, les émissions de produits étrangers.
- Payer le prix de carbone, l'instrument, le fer, l'acier, l'issiment, l'engrais, l'aluminium, l'électricité hydrogène, surcoût sans doute pour les importateurs lors du franchissement des frontières européennes.
- Ça va concerner dizaines de milliers d'exportateurs, 150 millions de tonnes de marchandises par an.
- Alors, comme toujours, dans ce genre de mesures, il s'agit de savoir s'ils seront efficaces, si l'Europe en bénéficiera à la fin.
- L'objectif, c'est de protéger son industrie face aux importations au bon marché.
- L'Europe a des armes, on sait juste qu'elle doit se faire aussi bien qu'aux Etats-Unis et à Chine, qui, contrairement à certaines idées européennes, ne sont pas si libérales qu'on pense en matière économique.
- Ça, c'est sûr. Et dans ce contexte économique compliqué, que disent les chefs d'entreprise que vous avez rencontrés ici...
Transcription générée par IA