Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le grand matin au week-end, l'info éco plus, Didier Testo.
- Et bonjour mon cher Didier.
- Bonjour Maxime.
- Fondateur de la Bourse et d'AviTV, cette semaine vous nous parlez, parce que c'est un petit sujet qui monte ça, on va dire après la stupéfaction des premiers jours, de l'impact économique et de cette nouvelle canicule en France, parce qu'il est important.
- Il est vrai que les bonnes nouvelles, en tout cas sur les marchés financiers, c'était côté géopolitique, c'était le recul des prix du pétrole, c'est une petite bouffée d'oxygène qui est bienvenue sur le front de l'inflation.
- Mais le sujet de l'impact économique de nos canicules, à répétition, ne peut plus être mis de côté.
- Et c'est Allianz Trade, une filiale de l'assureur allemand, qui s'est penchée sur ce sujet.
- La vague de chaleur en cours, plus intense, plus longue que celle observée en mai, est tout autant inhabituelle pour la période.
- Ce n'est pas un épisode isolé, mais comme nous l'anticipons dans notre étude, le symptôme d'un choc climatique qui menace désormais directement la croissance européenne.
- C'est ce que dit Hazem Krishen, qui est l'économiste senior climatique.
- Il m'a chez Allianz Trade.
- Et selon cette étude, les analyses montrent qu'au-delà de 30 degrés, la productivité décroche rapidement.
- C'est quasiment 1,3 dollar par degré, entre 30 et 35 degrés.
- Et la répétition de ces épisodes pourrait entraîner jusqu'à 7% de perte de produits intérieurs buts d'ici 2030.
- Ça représente à peu près 240 milliards de dollars pour la France.
- Et côté déficit, c'est une pression budgétaire forcément majeure, avec un déficit qui pourrait se creuser de plus de 2% supplémentaire.
- Sans transition rapide qui engage l'adaptation climatique, ces phénomènes risquent de s'installer durablement comme un frein structurel à l'économie, ajoute Hazem Krishen.
- Et l'addition risque donc, c'est ce que vous nous dessinez quand même, d'être assez lourde pour l'économie.
- Dans un scénario de crise dans lequel les cinq années les plus chaudes observées dans chaque pays, c'est entre 2014 et 2024, sont reproduites sur la période 2026-2030, Allianz Trade estime que les pertes cumulées sur le produit intérieur buts pourraient atteindre entre 5 et 7% pour les économies les plus exposées.
- On parlait donc de 240 milliards pour la France.
- Mais on a 354 milliards pour le Japon ou 131 milliards pour l'Allemagne.
- Concrètement, la perte de production économique due à la chaleur réduit les recettes fiscales.
- Et les transferts indexés sur l'inflation, ce qu'on appelle les coûts de santé par exemple, préparation d'urgence des infrastructures, elles font augmenter les dépenses publiques.
- Et on a des soldes budgétaires qui se détériorent d'à peu près 1,5% sur le PIB par an en moyenne.
- Alors Krishen parle lui d'un risque de stagflation climatique, c'est-à-dire une activité ralentie.
- Avec une inflation alimentaire et énergétique qui pèse directement sur le pouvoir d'achat.
- Et puis il faut le rappeler qu'il dit moins d'activités, moins de rentrées fiscales pour l'État.
- C'est une tuile climatique qui tombe au plus mal, on le sait.
- Nos finances publiques sont déjà dans le rouge.
- Alors bien entendu, il y a quand même des gagnants dans cette crise climatique.
- Vous les connaissez, on peut parler des fabricants de climatiseurs.
- Le géant japonais Daikin a vu par exemple son titre en bourse progresser fortement.
- Il a même annoncé l'ouverture de nouvelles usines en Europe.
- Et puis en France, les installateurs croulent sous les demandes.
- Moins de 30% des foyers français sont équilibrés.
- L'équipé de climatisation compte une large majorité aux États-Unis ou au Japon.
- Le marché des pompes à chaleur réversible fonctionne très bien.
- Et autre secteur, celui des boissons d'alimentation rafraîchissante, bien sûr, surfe aussi sur cette vague de chaleur.
- Et on parlait aussi de l'économie en France.
- Il y a une petite nouvelle cette semaine.
- C'est le rapport de la Cour des comptes qui une fois n'est pas comme une nouvelle alerte en disant les comptes publics, il faut s'en occuper, c'est maintenant.
- Il enfonce le clou, la Cour des comptes enfonce le clou.
- Le constat est net, c'est le petit recul de notre déficit public à 5,1% est un trompe-l'œil, financé par des hausses d'impôts.
- Il ne masque plus l'envolée de la dette.
- Celle-ci bat...
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