Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le grand matin au week-end, l'info éco plus, Didier Testo.
- Bonjour mon cher Didier.
- Bonjour Maxime.
- Fondateur de la Bourse et de la VTV, ça fait la une de la presse financière internationale, c'est le sujet des taux d'intérêt qui atteignent de nouveaux records et ça a attiré votre regard cette semaine.
- L'inflation est bien là, l'espoir de voir les banques centrales baisser rapidement, leurs taux s'évaporent, les marchés obligataires prennent le relais, on pourrait dire avec brutalité, c'est un véritable séisme sur les taux d'intérêt et ça rebat les cartes de l'économie mondiale, l'argent gratuit n'est plus, les conséquences se font ressentir avec violence sur trois continents, Etats-Unis, Japon, France.
- Premier épicentre de ce choc, les Etats-Unis, l'Ouest Tribunal a longuement alerté cette semaine sur la flambée de ces taux obligataires américains, particulièrement le taux hypothécaire à 30 ans, c'est la référence outre-Atlantique et pour se donner une idée de l'ampleur du choc, on est pour le 30 ans, on a franchi la barre des 5,19% pour vous donner une ordre d'idée, de la puissance de ce moment, nous n'avions pas atteint un tel niveau depuis l'été 2007, juste avant l'éclatement de la fameuse crise des subprimes, un rappel aux Etats-Unis, la consommation représente près de 70% du produit intérieur brut, consommateur américain qui a, on peut le dire, porté l'économie mondiale au cours des dernières années, aujourd'hui il est pris en tonaille avec ces taux d'intérêt aussi élevés, qui gèlent littéralement le marché immobilier, qui contaminent aussi l'écosystème du crédit, les prêts automobiles, les crédits étudiants, les cartes de crédit qui atteignent des sommets, et ça asphyxie les ménages aux Etats-Unis, le moral des consommateurs a chuté à des niveaux records ces derniers mois, hausse des prix de l'essence bien sûr, a exacerbé leurs inquiétudes.
- Et si on continue sur ce sujet des taux au Japon aussi, c'est un mouvement historique.
- Oui, avec la fin d'une anomalie, l'assèchement des liquidités qui va avec, ce deuxième front peut-être le plus spectaculaire sur les marchés financiers, on voit des courbes assez impressionnantes, pour bien comprendre, le Japon était le dernier grand pays au monde à maintenir sa politique de taux d'intérêt négatif, pendant une décennie des investisseurs, japonais et internationaux, on peut le dire, ont emprunté gratuitement au Japon pour investir à l'étranger, notamment dans la dette américaine ou européenne, afin de rechercher de la rentabilité sur leurs actifs, mais le choc là aussi, le rendement de l'emprunt d'Etat japonais à 10 ans, vient de crever le plafond des 2,30%, c'est son plus haut niveau depuis 1999, ça a dépassé les pics de la crise financière de 2008, mais face à l'inflation, la chute de la monnaie, le Yen, la banque du Japon doit relever ses taux, conséquence nette, on a un rapatriement massif des capitaux japonais vers Tokyo, mais c'était une poche de liquidités, on peut dire qu'ils riguaient les marchés financiers du monde, aujourd'hui ce n'est plus le cas.
- Et la France, forcément, n'est pas épargnée par ce grand mouvement mondial que vous venez de décrire.
- Oui, ça ne fait pas la une du 20h, j'ai ici déjà parlé des dettes publiques, le mouvement est aussi violent en France, puisque le taux à 10 ans français fleure désormais avec les 3,88%, ce rapprochement dangereusement de ses plus bas niveaux enregistrés, ses plus hauts niveaux, pardon, enregistrés lors de la crise, la crise de 2009, on sait que le fardeau de la dette publique demeure, mais la réalité immédiate pour les chefs d'entreprise, c'est le crédit privé pour beaucoup d'entreprises, PME, OTI, le mur de la dette n'est pas loin, les entreprises qui avaient souscrit des dettes à taux variable par exemple, qui doivent se refinancer avec des échéances cette année, pour notamment les entreprises achetées sous LBO, vont devoir le faire à des conditions moins favorables, le service de la dette va absorber une part plus grande de leur rentabilité d'exploitation, ce n'est pas un ajustement technique ce qui se passe sur les taux, c'est, on va dire, une conction massive sur la richesse, sur l'économie mondiale, avec aux États-Unis asphyxié les consommateurs, au Japon la moindre liquidité internationale, et en France, eh bien,...
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