Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le grand matin au week-end, l'info éco plus, Didier Testo.
- Bonjour mon cher Didier.
- Bonjour Maxime.
- Fondateur de la Bourse et la Vie TV, et cette semaine vous nous parlez du Japon, car ce qu'il s'y passe est totalement inédit sur le plan économique et financier, et surtout ça risque d'avoir des répercussions mondiales. Expliquez-nous un peu.
- Alors, vous avez peut-être vu les déclarations de la Chine contre le Japon et sa nouvelle première ministre particulièrement violente, mais ce n'est pas de géopolitique dont je vais vous parler ce matin, mais bien de finances, et c'est effectivement inédit.
- Avec cette semaine, le rendement des obligations japonaises a 20 ans, qui a atteint 2,75%. En fait, c'est un niveau record, et ce chiffre démontre d'abord que de les 30 années que vient de vivre le Japon avec des taux d'intérêt nuls, il faut le rappeler, une dette publique qui représente plus de 260% de son produit intérieur brut, eh bien c'est terminé.
- Le Japon vient de voir ce schéma complètement bouleversé.
- Le Japon servait jusqu'ici aux investisseurs américains et au monde entier, depuis 30 ans, des taux d'emprunt pas loin de 0, peut-être 0,1.
- Et en face, des rendements des obligations américaines qui étaient autour de 4%, des marchés qui pouvaient donner du 8%, et sur d'autres marchés, on était à 6 à 8.
- Ce qui se passait, c'est que de grandes institutions financières, investisseurs privés, et même le gouvernement japonais, empruntaient de l'argent aux impôts avec ces taux d'intérêt proches de 0, puis ils investissaient ailleurs, aux Etats-Unis bien sûr.
- Et même après avoir supprimé les coûts de conversion des monnaies, les frais, etc., ce commerce était rentable, c'est ce qu'on appelait le Yen Carry Trade, ou le Carry Trade tout court, et tous ceux qui gagnaient facilement avec ce Carry Trade voient leur marché complètement s'effacer, puisque si les taux augmentent encore, c'est à risque avec ce Carry Trade qui a financé des actifs mondiaux, des actions, des crypto-monnaies, ou d'autres marchés émergents, par exemple.
- Mais quand je vous écoute, pardonnez-moi mon cher Denis, mais la question que j'ai envie de vous poser, c'est est-ce qu'on sait pourquoi le Japon a soudainement augmenté ses taux après quasiment 30 ans de politique qui marchait ? Alors c'est clair, c'est parce que pour la première fois en presque 25 ans, l'inflation au Japon a dépassé les 2,5%, alors que les salaires réels avaient à peine augmenté.
- Et donc pour freiner l'inflation, l'économie et l'économie, on doit augmenter les taux d'intérêt pour rendre les emprunts plus durs pour le marché.
- L'économie japonaise est confrontée également à un risque avec la dette, puisque à 2,75%, le service de la dette explose, c'est 280 milliards de dollars sur 10 ans.
- Ça représente 38% des recettes publiques totales qui sont absorbées par les seuls taux d'intérêt.
- Et puis ça fait peur aux Etats-Unis, parce que le Japon détient, tenez-vous bien, 3200 milliards de dollars d'actifs étrangers, dont 1130 milliards des fameux bons du trésor américains, avec bien sûr un risque de rapatriement des capitaux.
- Il y aura un rendez-vous important le 18 décembre prochain, c'est la Banque du Japon qui se réunit, et 50% de chances pour l'instant qu'elle relève à nouveau ses taux, avec une potentielle nouvelle hausse de la monnaie, le Yen, ce qui renforcerait et encore accentuerait les risques de crise monétaire ou de crise de la dette.
- Et puis il y a un autre secteur, si on veut changer un peu de sujet, élargir la focale, c'est du côté des Etats-Unis.
- Quoi ? Le secteur de l'immobilier commercial qui est à surveiller ? Oui, parce que là aussi, c'est un sujet de taux d'intérêt.
- Le taux de défaut des CMBS, qui sont les financements garantis par un ensemble de prêts hypothécaires, immobiliers et commerciaux, ça vient de grimper très fort, à 11,8% en octobre.
- Pour rappel, durant la crise financière de 2008, ce pic avait atteint que, entre guillemets si on peut dire, 10,7%.
- Et il y a trois ans, en gros, on était à 1,8%, donc il n'y avait pas de risque du tout.
- Eh bien, il faut expliquer cela par le fait que la plupart...
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