Retranscription des premières minutes :
- Et notre lefto du week-end est aujourd'hui conducteur de train, c'est secrétaire général de la CGT Cheminotrap. Bonjour, Axel Persson.
- Bonjour. Vous étiez en plateau avec nous il y a quelques temps. Là, j'imagine que vous êtes directement au travail, au cœur de la machine, comme dirait l'autre.
- Alors c'était hier, surtout, que j'étais au travail. Là, aujourd'hui, je suis en repos. Mais par contre, la journée d'hier a été particulièrement difficile, et notamment la nuit, sur les lignes où j'exerce, c'est-à-dire les lignes N et U, ainsi que les TER vers Paris-Chart-le-Mont, puisque à la chaleur étouffante s'est succédé les retombées orageuses d'hier soir, qui ont d'une part fortement dommagé les installations, et aussi auxquelles est venu s'ajouter d'autres incidents, comme un usager de la route qui s'est engagé sur un passage à niveau, qui a heurté un train, et ce qui a fait une très longue nuit de travail pour tous ceux qui avaient commencé leur travail hier soir, et pour certains qui viennent à peine de le terminer alors qu'ils étaient censés avoir fini déjà hier soir, et ce qui a été particulièrement éprouvant, à la fois pour les voyageurs qui ont été impactés, mais également pour tous ceux qui étaient sur le terrain pour les évacuer et essayer de faire repartir la ligne dans des conditions extrêmement difficiles hier soir.
- Et il faut dire que si parfois, à l'intérieur des trains, ce ne sont pas des conditions idéales, il faut quand même décrire, vous, les conditions dans lesquelles vous travaillez, c'est-à-dire une cabine, la plupart du temps surchauffée, et on n'imagine d'ailleurs même pas à quel point c'est un véritable four, là, quand on observe les derniers jours et leur température.
- Oui, tout à fait, oui, parce qu'il y a même certaines machines où la climatisation n'existe pas, où elle est défaillante, où elle n'est pas en tout cas concie pour supporter des chaleurs de cette durée, de cette intensité-là, et notamment quand il y a des pannes, comme ça arrivait hier soir, où l'alimentation électrique n'est plus assurée, et bien là, de toute façon, même si la climatisation existe, elle ne fonctionne pas, pour des raisons évidentes, ce qui est dangereux, en fait, tout simplement, d'autant plus qu'on n'a pas de point d'eau à bord, ou même si on a apporté une gourde, on n'a évidemment pas apporté 3 litres pour tenir les interruptions de 4-5 heures en pleine voie.
- Donc oui, ce n'est pas des conditions faciles, à la fois pour ceux qui y travaillent et aussi pour ceux qu'on transporte, puisqu'on se lance eux aussi.
- Bien sûr, et on évoque souvent d'ailleurs les malaises de certains voyageurs en gare également, dans les trains.
- Vous, du côté de vos collègues ? Il n'y a pas d'incident à signaler de cette nature. Vous arrivez quand même et ou à vous habituer et ou à vous équiper pour essayer de supporter au mieux ce type de journée, ce type de pression, ce type de chaleur sur la longueur ? Alors c'est aussi une bataille. Ça a été un peu une bataille aussi vis-à-vis de la direction, puisqu'on a poussé pour réduire au maximum l'exposition à la chaleur, notamment en aménageant les heures de travail, voire en réduisant l'amplitude des journées pour ceux qui travaillent en plein milieu du canard, tout simplement.
- Et on a aussi eu plusieurs équipes.
- Ils n'ont pas eu le choix que d'exercer leur droit de retrait en disant qu'il faut reporter certaines interventions, y compris la nuit, puisqu'il y avait certaines interventions qui ont été reportées la nuit. Je pense à mes collègues à la maintenance.
- Mais en fait, arrivés la nuit, on constatait en faisant des relevés de température que même dans ce qu'on appelle les fosses, ou en extérieur pourtant, j'ai mis en extérieur de nuit, où les relevés de température indiquaient 36 degrés et auxquels il faut penser que ses collègues doivent revêtir certaines combinaisons de protection, ce qui fait que la température corporelle devient délirante.
- Donc il y a aussi du bataillé vis-à-vis de la direction.
- Pour reporter certaines interventions qui pourront sans doute se faire la semaine où les températures vont baisser.
- Mais ça a...
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