Renseignement : la grande révolution (risquée) d’Emmanuel Macron

Alors que les principaux chefs des services de renseignements français sont appelés à être remplacés dans les jours à venir, Emmanuel Macron sera désormais à la tête de la chaîne de décision française. Une révolution qui présente certains risques.

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À la DGSE, en remplacement de Bernard Bajolet, ancien ambassadeur spécialiste du monde arabe, plusieurs candidats dont André Parant, qui a été ambassadeur au Caire, mais celui qui tiendrait la corde est l’actuel ambassadeur en Algérie, Bernard Emié. Pour la DGSI, ce pourrait être l’ancien directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, le préfet Jean-Luc Nevache. L’actuel préfet de police de Marseille serait peut-être, lui, le nouveau DGPN (directeur général de la police nationale). Il y aura également un changement à la tête des renseignements douaniers et des renseignements militaires.

Mais alors que sur le terrain, la bataille de Raqqa contre l’État Islamique vient de commencer, on assiste également à un tournant dans les attributions du chef de l’État auquel on va assister : la mise en place d’une coordination à l’Élysée et d’une cellule anti-Daesh dont le patron sera ni plus ni moins Emmanuel Macron. On connaît déjà les empilements successifs qui existent pour coordonner le gouvernement, mais cette fois-ci la cellule sera chargée de faire la synthèse des renseignements collectés par les différents services, et sera l’interface avec les renseignements venant de l’étranger. En gros, une sorte de conseil de renseignements, comme il existe déjà un conseil de défense.

Jusqu’à présent, le Président ne se mêlait pas de la coordination de ces actions. Il va maintenant impulser cette action à ses services et montrer l’importance politique qu’il souhaite accorder à cette démarche. Des décisions opérationnelles sortiront de ce nouveau conclave et seront mises en œuvre par les ministres concernés. Une construction délicate, car toute la question est de ne pas perturber la chaîne de commandement à la française : les chefs des militaires, du renseignement et de la police, le blanchiment d’argent, la Défense, Beauvau, seront tous autour de la table.

Le Président supervisera toutes les activités clandestines avec un risque : si ça tourne mal, il n’y aura pas de fusible et ça remontera directement à lui. C’est donc à la fois un affichage politique nouveau et un risque.

Retrouvez ici le podcast de l'édito de Michaël Darmon dans le Grand Matin Sud Radio.