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Accueil des migrants : le message du Pape est important car il n’est pas politique

La dernière sortie médiatique du Pape François fait de nouveau beaucoup parler. Un message à écouter et analyser avec prudence et attention.

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Le Pape, dans son message de Noël, lors de sa bénédiction Urbi et orbi, a comparé la situation des migrants à celle de Marie et Joseph, auxquels on dit à la porte de l’auberge qu’il n’y a plus de place pour eux. C’est un message fort à l’adresse de tous les chrétiens, qui dépasse la chrétienté pour toucher à la conscience universelle, celle qui est commune à toutes les religions et à la dimension morale de l’homme. Ceux qui parmi les chrétiens n’aiment pas le Pape François – il y en a – jugeront le propos gauchiste ou naïf, ou en tout cas le regarderont comme un message politique et non pas spirituel. Or, c’est bien le Pape qui parle, le chef de l’Église, le successeur de Saint-Pierre, et il est bien dans le registre de la spiritualité. 

Le message du Pape est important, précisément parce qu’il n’est pas politique. Spirituellement, moralement, nous ne pouvons pas dire avec l’âme en repos à ceux qui sont chassés de chez eux par la guerre, la persécution et la famine qu’il n’y a pas de place pour eux. La bonne conscience devant le malheur n’est qu’une forme d’absence de la conscience. Mais l’autre bonne conscience, celle qui cherche à culpabiliser celui qui dit que ce n’est pas si simple, ne vaut pas mieux que l’autre. C’est aussi une absence de conscience. Dès que l’on sort du registre de la spiritualité ou de la morale pour entrer dans celui des réalités, c’est-à-dire de la politique, la morale ne peut pas s’affranchir des conséquences de ce que l’on veut. Régis Debray a dit à propos de De Gaulle : "l'homme d’État est celui qui veut les conséquences de ce qu’il veut".

D’abord, qu’on le veuille ou non, il y a migrants et migrants. Tous ne sont pas chassés par la guerre et la famine. Et puis une société en crise, que la crise soit identitaire, morale ou matérielle. Le politique doit en tenir compte, sinon les choses peuvent mal tourner pour la démocratie comme pour les migrants. Il n’est pas sûr de ce point de vue que Mme Merkel par exemple ait rendu service ni à la démocratie allemand ni en fin de compte aux migrants qu’elle a accueillis avec trop de laxisme.

C’est le rôle du responsable politique qui a une conscience de tracer la limite forcément subjective entre ce qui est acceptable et tolérable par la société et ce qui ne l’est pas. L’intérêt du message du Pape est de contribuer à faire de ce sujet un cas de conscience en lieu et place de toutes les bonnes consciences qui ignorent que l’Histoire est tragique et qu’elle est souvent le produit d’un affrontement de forces également légitimes. On ne peut ni détourner le regard du malheur, ni nier la complexité des passions humaines, au risque d’engendrer de plus grands malheurs encore.

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