Yves de Kerdrel: "Démission du PDG de Nissan, l'arroseur arrosé !"

Editorial économique

Yves de Kerdrel - Sud Radio

On a appris hier que le directeur général de Nissan allait démissionner à son tour le 16 septembre prochain. Pour quelle raison ?

C’est vraiment la fable de l’arroseur arrosé. Car il s’agit de Hiroto Saikawa qui avait dénoncé Carlos Ghosn et est à l’origine de son arrestation. Il était très proche du patron de Renault qui l’avait nommé directeur général et lui faisait totalement confiance. Il était tellement proche qu’il bénéficiait, comme Ghosn d’un système de rémunération différé, indexé sur le cours de bourse. Sauf qu’il s’est bien gardé d’en parler lorsque Carlos Ghosn a été arrêté, interrogé et inculpé. Et qu’il a au contraire chargé son ancien mentor. Le problème c’est qu’il a diligenté une enquête interne à Nissan pour rassurer les actionnaires. Et cette enquête a révélé la semaine passée qu’il avait bénéficié lui aussi d’un bonus non justifié de 400.000 euros. Alors bien sûr par rapport aux méfaits supposés de Carlos Ghosn, ce n’est pas grand-chose. Mais il est encore plus coupable. Car il s’était érigé en parangon de vertu alors qu’il avait lui aussi goûté aux délices de Capoue.

Quelles conséquences cela va avoir pour Nissan ?

Et bien de plonger un peu plus le constructeur japonais dans le trouble qu’il connait depuis maintenant dix mois. D’autant que l’on annonce maintenant la probable démission de Christina Murray, qui était responsable de l’audit interne et de l’éthique Avec ça il faut relativiser. Car Hiroto Saikawa a 65 ans. Et en plus beaucoup de gens réclamaient son départ le jugeant trop lié à Ghosn. Même s’il a cherché à retourner sa veste très vite, et qu’il a montré beaucoup de zèle pour coopérer avec la justice japonaise. Mais tout cela arrive à un moment où les résultats de Nissan ont fondu et où le groupe est obligé de supprimer 12.500 emplois dans le monde. Son départ va sans doute faciliter la reconstruction d’une alliance avec Renault. Car il ne voulait pas en entendre parler. Il semble que Renault et Nissan ont commencé à travailler à une évolution des participations croisées. Et que les discussions progressent. Quand tout sera stabilisé on pourra reparler d’une alliance avec Fiat. Mais ça risque de prendre beaucoup de temps.