Un propriétaire annule les loyers des commerçants fragilisés

Michaël Sebban, co-fondateur et directeur général de la foncière Groupe Sebban, propriétaire de 80 boutiques en centre-ville, était l’invité de Patrick Roger le 10 novembre dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

Une commerçante du Haut-Rhin en grève de la faim "porte le deuil" de sa boutique le 31 octobre 2020 à Blotzheim (SEBASTIEN BOZON - AFP)

Bercy demande aux bailleurs de faire un effort pour que les petits commerces ne mettent pas la clé sous la porte.

 

Aider sur ses fonds propres

Mais comment les aider ? "Avec mon épouse, pendant le premier confinement, les banques nous ont aidés. Elles nous avaient octroyés des reports d’échéance. Du coup, nous avions fait deux mois et demi de gratuité de loyers durant le premier confinement, explique Michaël Sebban, co-fondateur et directeur général de la foncière Groupe Sebban, propriétaire de 80 boutiques en centre-ville. Quand nous avons vu qu’un second confinement se profilait, nous avons décidé de le faire sur nos fonds propres."

"La vie d’une foncière est longue, juge Michaël Sebban. Nous avons décidé de jouer la carte de la solidarité au maximum. Lors du premier confinement, pour passer cette crise effroyable, surtout pour les locataires, nous avons décidé de vendre certains actifs. C’est le fruit de ces ventes qui nous permet de prendre sur nous, pour pouvoir être le plus possible solidaire avec nos locataires. Ce confinement est extrêmement difficile, mais il a une raison. Mieux vaut mettre son énergie ailleurs qu’à essayer de rouvrir à tout prix, même si les fêtes arrivent. On va tous espérer que les fêtes de Noël se passent le mieux possible pour les commerçants."

 

45 locataires aidés sur 80

Les banques répondent-elles suffisamment aux demandes ? "Sur le premier confinement, tout le monde attendait de voir ce que les banques et l’État disaient, détaille ce co-fondateur et directeur général de la foncière Groupe Sebban. Après, il y a eu un effet d’entraînement. L’État et les banques ont joué le jeu. Il n’y a pas l’idée de donner des leçons à quiconque. Si chacun, à chaque étape, apporte sa pierre à l’édifice, cela rend la crise plus fluide pour tout le monde. Au total, deux de nos locataires déjà en situation très délicate ont arrêté leurs activités. Pour tout le reste, les loyers sont payés, nous avons un vrai retour sur investissement."

Qui va être aidé par ce propriétaire de 80 boutiques en centre-ville ? "Sur la deuxième période, nous avons octroyé une annulation de loyers aux franchisés et indépendants, mais pas aux succursales, que cette fois nous n’aiderons pas. Nous avons estimé qu’il fallait aider les plus fragiles, 45 sur les 80 sur la deuxième période."

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