Taxation des GAFA : "Il faudrait qu'ils paient tous leurs impôts en France"

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Grâce à l'optimisation fiscale, les GAFA ne paient que très peu d'impôts en France. AFP

C'est une revendication centrale du mouvement des Gilets Jaunes : la taxation des GAFA, ces géants du numérique qui, grâce à l'optimisation fiscale, ne paient que très peu d'impôts en France. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, présentait mercredi matin 6 mars son projet de loi pour imposer davantage les Google, Apple, Facebook et Amazon. Concrètement, elle devrait prendre la forme d'une taxe de 3% sur le chiffre d'affaires de ces grands groupes internationaux, avec un rendement attendu de 500 millions d'euros pour l'État. Une nouvelle qui était attendue depuis longtemps par les libraires, qui souffrent de la concurrence du géant Amazon. Benjamin Glaise de Sud Radio est allé à leur rencontre dans la librairie Voyelle à Paris.

"Amazon nous prend énormément de ventes"

Passées les portes de cette petite librairie parisienne, le temps semble s'arrêter. Au milieu de ses 12.000 livres, Valérie Martin conseille ses clients depuis 40 ans et il y a un sujet qui revient de plus en plus : "on nous parle tout le temps d'Amazon. Souvent à propos des commandes. Si je dis 48 heures ça va, si je dis un peu plus, ça marche pas, on me dit 'je commanderai à Amazon'. Ça nous prend énormément de ventes."

L'optimisation fiscale, c'est ce qui permet au géant du numérique de se jouer, légalement, des radars du fisc. Une pratique que la libraire est à cent lieues de pratiquer : "je n'ai pas le niveau pour faire de l'optimisation ! Je paie un peu d'impôts quand je suis bénéficiaire, et quand je ne suis pas bénéficiaire, je ne paie pas d'impôts. Je fais de l'optimisation dans les choix de mes livres, c'est déjà pas mal !"

"Je ne pense pas qu'ils payent comme moi les droits de voirie, la taxe professionnelle, la TVA et les impôts"

Derrière le sourire se cache de l'amertume, l'impression d'une concurrence faussée et d'une taxe GAFA trop timorée : "il faudrait qu'ils paient tous leurs impôts en France. On leur prête, on leur donne des tas d'endroits en France. Pas loin, ils ont obtenu 14.000 mètres carrés de surface mais je ne pense pas qu'ils payent comme moi les droits de voirie, la taxe professionnelle, la TVA et les impôts."

La crainte de Valérie Martin, c'est de voir les librairies disparaître les unes après les autres. Depuis 2000, dans la capitale, un tiers des professionnels du livre ont dû fermer boutique

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