Réforme de l’ISF : "C'est une très mauvaise nouvelle pour les propriétaires"

Emmanuel Macron a tranché. Les réformes de l’impôt sur la fortune et de la taxe d’habitation auront lieu l’an prochain. L’ISF sera transformé en "impôt sur la fortune immobilière". "Une mauvaise nouvelle" selon Jean Perrin, président de l’UNPI.

Dès l'an prochain, la réforme de l'ISF donnera naissance à l'impôt sur la fortune immobilière

Dès 2018, le gouvernement mènera la réforme de l’impôt sur la fortune transformé pour l’occasion en "impôt sur la fortune immobilière". Comme l’avait promis Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, le capital financier sera sorti du calcul de cet impôt pour se concentrer uniquement sur le capital immobilier. Un moyen selon le chef de l’État d’inciter à investir dans l’économie.

"C’est une très mauvaise nouvelle pour les propriétaires et une mauvaise nouvelle pour la France, a réagi Jean Perrin, président de l’Union nationale de la propriété immobilière, invité mardi du Grand Matin Sud Radio. Les gens investiront moins dans l’immobilier puisqu’il va être stigmatisé de façon particulière, ce qui veut dire moins d’activité pour le bâtiment. Et puis, en même temps, c’est une mauvaise nouvelle pour les locataires parce qu'il y aura moins de biens à louer, une offre plus serrée et les prix ne vont pas baisser".

Les propriétaires trop pénalisés

Selon Jean Perrin, ce schéma pourrait ainsi aboutir à une "crise du logement" puisque "les gens se détourneront de ce placement, donc plus d’activité et moins d’offres locatives". "Ce qui est embêtant c’est qu’il y a une discrimination entre les détenteurs de patrimoine. Celui qui a des actions ne va rien payer, et celui qui a de l’immobilier qui permet de loger des gens, qui permet de donner de l’activité économique, va continuer à être taxé", a déploré le président de l’UNPI. Quid alors de l’incitation à investir directement dans l’économie grâce à ce nouvel impôt ? "Investir dans l’économie à partir du moment ou l’assurance vie est exonérée, je ne sais pas trop si ça va directement dans l’économie", a répondu Jean Perrin qui craint de voir les acheteurs délaisser la France pour se tourner vers l’étranger. 

Au delà de cette réforme de l’ISF, le patron de l’UNPI craint également de voir les propriétaires immobiliers payer pour la suppression de la taxe d’habitation. "On dirait qu’Emmanuel Macron a une haine envers eux", a affirmé Jean Perrin qui fait un calcul simple : "Si on supprime la taxe d’habitation, les mairies n’ont plus qu’une possibilité : la taxe foncière" qui servira alors de "variable d’ajustement"