Plan Hulot pour l'hydrogène : "La France était en retard dans cette filière"

Directeur général de Hyundai Motor France, Lionel French Keogh était l’invité du 18h Sud Radio pour évoquer le plan dévoilé par Nicolas Hulot pour développer les véhicules à hydrogène en France.

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Faire de la France un leader mondial de l’hydrogène, c’est l’ambition du ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, qui a dévoilé ce vendredi les grandes lignes de son plan pour faire rouler voitures, bus et mêmes trains avec des carburants non issus des énergies fossiles. Alors qu’une enveloppe de 100 millions d’euros a été évoquée, les investissements nécessaires pourraient, eux, coûter par moins de... cinq milliards. Directeur général de Hyundai Motor France, Lionel French Keogh était l’invité du 18h Sud Radio pour revenir sur cette annonce.

"Il y a plusieurs sujets quand on parle d’hydrogène. Dans ce plan, il y a tout d’abord la volonté d’avoir un hydrogène produit de manière plus écologique puisqu’aujourd’hui, dans une grande majorité, il est paradoxalement produit à base d’hydrocarbures. Entre la production et le stockage, jusqu’à la partie mobilité, pour tout faire, les investissements ont été calculés aux environs de cinq milliards sur les dix prochaines années. Il faudra voir comment seront investis ces 100 millions qui ne concernent que l’année 2019. Que se passera-t-il en 2020 et plus tard ? Pour l’instant, ça reste très hypothétique. Mais avoir fait une annonce pour dire que l’hydrogène était une solution d’avenir permet déjà de crédibiliser ce message. La France était un peu en retard par rapport à d’autres pays de l’Europe comme l’Allemagne dans le développement de cette filière, alors qu’on a aussi de très grandes entreprises impliquées dans l’hydrogène en France", déclare-t-il.

"Aujourd’hui, il y a une vingtaine de stations en France"

L’un des principaux impératifs est notamment de doter le territoire français des infrastructures nécessaires au développement de l’hydrogène. Et la tâche s’annonce fastidieuse, à en croire Lionel French Keogh. "Sur la mobilité, le premier sujet, c’est les infrastructures. Il annonce vouloir une centaine de stations d’ici cinq ans, et entre 400 et 1000 dans les dix ans. Pour avoir des véhicules qui roulent à l’hydrogène, il faut des stations pour les alimenter. Aujourd’hui, il y en a une vingtaine en France, ce qui limite la capacité de cette technologie à se développer", souligne-t-il avant de rappeler les avantages de la voiture à hydrogène.

"Un véhicule à hydrogène est un véhicule électrique, qui produit sa propre électricité, avec zéro émission. On ne pollue donc pas, et c’est en plus un véhicule extrêmement agréable à conduire car très silencieux. Le gros avantage de l’hydrogène, c’est qu’il n’a pas les mêmes contraintes que les véhicules à batterie. Il n’y a pas de problème d’autonomie puisque le véhicule qu’on vend en France aujourd’hui a une autonomie de 600 ou 700 kilomètres. Le temps de refaire le plein se situe entre deux et trois minutes, comme pour un véhicule essence ou diesel. C’est le meilleur des deux mondes : zéro émission, et zéro contrainte de temps de charge", conclut-il.

Réécoutez en podcast toute l’interview de Lionel French Keogh dans le 18h Sud Radio