"On n’a aucune reconnaissance salariale, ou en termes de conditions de travail"

Dans les Ateliers de la Haute Garonne, les salariés réclament plus de reconnaissance à l'heure de la reprise des commandes. Reportage de Christine Bouillot.

Les ouvriers des sous-traitants dans l’aéronautique réclament de meilleures conditions de travail et une augmentation de salaire à l’heure de la reprise des commandes. AFP

La reprise de l’activité aéronautique en Europe relance les activités d’Airbus, bien évidemment, mais aussi de ses sous-traitants. Pour ces derniers, toutefois, le sourire n’est pas au beau fixe : les salariés ont le sentiment d’être les sacrifiés de la reprise. Reportage de Christine Bouillot.

 

 

"On a perdu 40% pratiquement des employés"

À Toulouse, sur le site des Ateliers de la Haute Garonne, leaders mondiaux des rivets d’avions, les salariés sont en grève. Les commandes arrivent, mais les salariés estiment être les grands perdants de la crise et demandent de meilleures conditions de travail et une hausse des salaires. "Les commandes reviennent, et surtout on a perdu 40% pratiquement des employés", explique Simon Gazano, délégué CGT.

"Ils prennent en compte que le chiffre d’affaires a baissé, mais ils ne prennent pas en compte qu’ils ont moins de masse salariale", souligne-t-il en parlant des dirigeants de l’entreprise.

 

"En fait, à effectifs réduits, on doit assumer les remontées de cadence"

Pour les ouvriers, il est difficile de comprendre que la reprise des commandes ne donne pas lieu à une amélioration des conditions de travail et des salaires. "Ce qu’on est en train de vivre, c’est ce que sont en train de vivre beaucoup de travailleurs de l’aéronautique", déclare Gaëtan Gracias, autre élu CGT des Ateliers de la Haute Garonne. Les salariés "ont eu, en fait, des licenciements, des effectifs réduits, ont dû faire des efforts, ont dû avoir du chômage partiel imposé, puis, après, revenir", explique l’élu CGT.

"Et maintenant, on nous vend dans tous les médias qu’il y a une reprise. Mais, en tout cas, il n’y a pas une reprise de nos salaires, il n’y a pas une reprise des effectifs, puisqu’en fait, à effectifs réduits, on doit assumer les remontées de cadence."
Pour lui, "on n’a aucune reconnaissance salariale, ou en termes de conditions de travail ou d’embauches".

 

 

La grève a malgré tout eu son effet : des discussions seront entamées en juillet 2021 entre la direction et les syndicats. Une annonce bien accueillie par les grévistes qui ont repris le travail jeudi 24 juin 2021 dans la matinée.