Olivier de la Clergerie : "le passage à la semaine de 4 jours nous coûtera 1 million d'euros"

La société lyonnaise LDLC, spécialisée dans la vente d'équipements informatiques, envisage de passer à la semaine de 4 jours et 32 heures.

Olivier de la Clergerie, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, à 8h10, dans "C'est à la une". © AFP

Pour en parler, Olivier de la Clergerie, le directeur général de LDLC, était l'invité de Patrick Roger le 10 juillet 2020 dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

 

"Nous embaucherons pour compléter les endroits où le roulement ne pourra pas se mettre en œuvre"

a fait plusieurs années qu'on est bien avancés sur le bien-être au travail. C'est un sujet qu'on a mis en œuvre depuis 3 ans. On a des lieux de travail qui ont été conçus avec des espaces verts, à l’esprit campus. Et puis nous sommes arrivés à la question du temps de travail, avec une volonté de permettre aux gens de se reposer, de profiter plus du temps libre qu’ils ont. Et c’est comme ça qu’on est arrivés à la semaine de quatre jours."

À la question de savoir si ce passage à la semaine de quatre jours l’amènera à fermer l’entreprise un jour par semaine Olivier de la Clergerie a répondu : "on ne peut pas envisager de fermer l’entreprise un jour par semaine, il va y avoir un roulement. Une entreprise à taille significative et le grand nombre de salariés permet de mutualiser ce temps et de créer du roulement. Et dans les métiers où ce n’est pas possible (la production, la logistique), nous aurons des embauches pour compléter les endroits où le roulement ne pourra pas se mettre en œuvre". Mais ce n’est pas tout. "C’est un passage de 35 heures à 32 heures avec un salaire préservé, et même sans gel de salaires."

Toujours est-il que la semaine de 32 heures, ce n’est pas pour tout de suite. "Nous sommes en discussion avec nos salariés. L’organisation prendra véritablement son envol à partir de début 2021. Nous engageons le dialogue social autour de ces éléments pour la signature d’un accord et la mise en œuvre début 2021."

"Les gains de productivité viendront compenser une partie des coûts"

Interrogé sur la possibilité d’exporter ce type d’organisation dans d’autres entreprises, Olivier de la Clergerie a répondu : "on ne peut pas généraliser le cas du temps de travail. C’est un sujet qui s’observe entreprise par entreprise, toutes les entreprises sont différentes. Mais toutes les entreprises peuvent réfléchir sur le bien-être au travail. Nous pensons que dans notre métier, le passage à 4 jours ne générera pas de perturbations significatives en termes de compétitivité. Nous estimons le coût de ce passage à environ 1 million d’euros. Mais ce coût est après tout assez limité, étant donné que notre masse salariale est de 40 millions d’euros. Et en 2020, notre ambition est de générer 600 millions de chiffre d’affaires. Nous espérons aussi que les gains de productivité viendront compenser une partie de ces coûts. C’est aussi une forme d’investissement : on a l’habitude d’investir dans des outils, nous, nous choisissons d’investir dans nos équipes."

S’agissant du passage au télétravail, "nous avons basculé en travail à distance en environ une journée et demie. On pensait que c’était compliqué à mettre en œuvre, mais dès lors qu’on a été obligés, on l’a fait et on a vu que ça se passe. Le Covid nous a confortés dans l’idée que le changement était possible".

 

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