éditorial

L'édito de Jean-Baptiste Giraud

A propos...

Après 10 ans à BFMTV, il fonde l’hebdomadaire économique gratuit Economie Matin en 2004. Après l’avoir vendu, il le relance en pure-player en 2012. Il est également l’auteur d’une dizaine d’ouvrages e...
Jean-Baptiste Giraud ©Anthony Ghnassia
Economie

Les robots destructeurs d'emplois

Selon deux chercheurs américains, les robots, loin de créer des emplois, seraient plutôt susceptibles d'en détruire.

Une étude qui sort pile au bon ou au mauvais moment dans cette élection présidentielle française où les robots ont leur place. En effet, un candidat comme Benoît Hamon propose depuis des mois d’instaurer une taxe sur les robots pour financer le revenu universel. Il n’est pas seul à défendre cette position puisqu’un certain Bill Gates, le mois dernier, a lui aussi suggéré qu’une taxe soit réclamée chaque fois qu’un robot détruit un emploi.. Bill Gates, c’est tout de même l’homme le plus riche du monde, rien que ca, mais surtout le fondateur de Microsoft à qui on doit notamment Windows, qui équipe 80 % des ordinateurs dans le monde, mais aussi Word, Excel ou Internet Explorer.

Que dit cette étude ? D’abord, ce ne sont pas d’obscurs chercheurs qui en sont les auteurs, mais de vrais spécialistes reconnus du sujet. L’un travail au MIT (Massuchets Institute of Technology), le temple des nouvelles technologies, et l’autre, à la Boston University. Ensuite, et bien ils reviennent tout simplement sur l'une de leurs anciennes études, publiée l'année dernière, qui affirmait que les robots contribueraient à créer de l’emploi mais aussi à améliorer les salaires.

Pas facile pour des chercheurs d’avouer s'être trompés, mais c'est pourtant exactement ce qu’ils sont en train de faire. Daron Acemoglu et Pascual Restrepo ont étudié l’emploi industriel aux Etats-Unis entre 1990 et 2007. En analysant la place des robots sur cette période  ils sont arrivés à la conclusion que les robots créent des emplois pour les fabriquer, les entretenir, et aussi pour les financer, car ils coûtent très cher à l’achat, il faut donc emprunter pour investir. Mais au final, d’après nos deux chercheurs, le bénéfice des robots pour l’entreprise qui s’en équipe, c’est la suppression de la main d’oeuvre qu’ils induisent. Ils ont même modélisé l’impact des robots : un robot installé pour 1000 ouvriers détruit 6,2 emplois. De même, l’arrivée d’un robot ferait baisser les salaires de ceux qui travaillent à ses cotés de 0,7 % disent encore les chercheurs. Voila donc une étude qui devrait apporter de l’eau au moulin de Benoît Hamon et faire réfléchir d’autres candidats, d’autant que nos deux chercheurs estiment que la donne va s’accélérer et s’aggraver dans les deux prochaines années aux Etats-Unis.

Les rubriques Sudradio