Le PDG de Saint Mamet enrage du décret laissé en héritage par Stéphane Le Foll

Stéphane Le Foll, ancien ministre de l'Agriculture ©MARTIN BUREAU - AFP

Matthieu Lambeaux, PDG de Saint-Mamet, dénonce un décret pris par l'ancien gouvernement qui baisse les aides européennes pour les arboriculteurs. Lui, qui travaille à redresser l'entreprise depuis 18 mois, défend la production de fruits français, et dénonce les "fruits chinois" servis dans les cantines.

"Une peau de banane." Pour Matthieu Lambeaux, PDG de Saint-Mamet, dont l'usine est basée à Vauvert, dans le Gard, le décret laissé par l'ancien gouvernement ne passe pas. Pris le 10 mai, trois jours seulement après l'élection d'Emmanuel Macron et juste avant la passation de pouvoir, ce texte prévoit de baisser les aides européennes pour les arboriculteurs de 41 %.

"Ce sont des petites magouilles d'arrière-cuisine, a dénoncé Matthieu Lambeaux, invité du Grand Matin Sud Radio. Stéphane Le Foll (ancien ministre de l'Agriculture, NDLR), a essayé d'avantager ses copains basés dans l'est de la France."

Lui qui a repris l'entreprise il y a 18 mois, alors qu'elle était en grande difficulté, est en train de réussir son pari de la redresser en produisant français : "Quand vous êtes en train de relancer une entreprise, l'État devrait plutôt investir, aider la production locale. Voir qu'il fait le contraire, c'est un peu étonnant."

"Je ne peux pas entendre le fatalisme, ajoute-t-il toutefois. On va trouver une solution. J'espère juste que cette solution ne sera pas d'amener les arboriculteurs jusqu'à une expression violente. Hier, on a fait une manifestation pacifique, je pense que c'est important de le faire avec humour. Mais on ne lâchera rien."

Matthieu Lambeaux en a profité pour dénoncer l'invasion, sur le marché français, de fruits importés de l'étranger, jusque dans les repas servis aux enfants dans les cantines : "La plupart des fruits que vous mangez sont des fruits espagnols, grecs ou chinois. Dans les cantines en France, aujourd'hui, on sert des fruits chinois."

"On en appelle au président de la République, a conclu Matthieu Lambeaux. Il a promis des choses qui paraissent intéressantes, comme le pourcentage, dans les cantines, de produits locaux bio, français. Je pense que c'est une bonne nouvelle pour nous tous."

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