"Le Jurançon est une petite niche avec des petites pépites viticoles"

Situé dans le Béarn, le Jurançon est un terroir viticole unique. Cette année, l'épidémie de Covid-19 a porté un coup dur, mais les vignerons s'efforcent de trouver des solutions.

Sur le terroir du Jurançon on trouve deux cépages autochtones : les petits mancins et les gros mancins. © AFP

Pour en parler, Thomas Pissondes, président de l'association des Vignerons du Jurançon, était l'invité de Christine Bouillot le 22 juillet 2020 dans "Sud Radio Midi", à retrouver du lundi au vendredi à 12h10.

 

"Le terroir du Jurançon était déjà connu à l’époque d’Henri IV"

Les vins du Jurançon sont renommés et assez uniques, comme l’explique Thomas Pissondes : "c’est une AOC qui est nichée dans le piémont pyrénéen, dans les coteaux vallonnés à proximité de l’agglomération paloise. On est vraiment dans un endroit qui a un climat particulier, entre le climat pyrénéen et le climat atlantique. C’est une petite niche avec des petites pépites viticoles. C’est l’avant-dernier vin avant la frontière espagnole. Au-delà du climat c’est aussi des cépages autochtones : les petits mancins et les gros mancins, que l’on retrouve dans le Sud-Ouest, ici dans le Béarn.

Cela fait longtemps que le jurançon est implanté ici. On en parle déjà à l’époque d’Henri IV car il avait été baptisé au Jurançon. Et historiquement, cela fait partie des premières appellations qui ont été nommées. L’appellation a 84 ans aujourd’hui".

"On a retrouvé de l’innovation chez nos vignerons"

L’épidémie de Covid-19 a durement frappé les vignerons. "Les vignerons n’étaient pas confinés. Mais toutes les sollicitations ont été coupées, on n’a plus de clientèle, on était vraiment entre nous et nos vignes. Quelques salariés ont continué à travailler avec les gestes barrière.

Là où ça a posé problème, c’est en termes de commercialisation, puisque tous les restaurants étaient fermés et les gens confinés. Mais on a retrouvé de l’innovation chez des vignerons qui ont pu s’adapter et mettre en place des choses : il y en a qui ont lancé la livraison, qui ont mis en place des boutiques en ligne. Et puis on cherche des solutions collectivement : notre association, qui regroupe une soixantaine de vignerons, est en train de mettre en place elle aussi sa boutique en ligne. Elle a aussi mis en place un magasin éphémère à proximité de l’agglomération paloise pour se rapprocher des consommateurs", a raconté Thomas Pissondes.

Et la reprise ? "Le marché reprend de manière encourageante. Mais c’est clair que les deux mois qui ont été perdus ont été perdus. Et il y a de gros points d’interrogation sur comment ça va évoluer."

 

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