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Inflation : les étudiants premières victimes

Par Hugo Paillart

Analyse Sud Radio – Depuis le premier mandat d'Emmanuel Macron en 2017, le coût de la vie étudiante a augmenté de 1,66 % par an. Un rythme qui devrait continuer à s'accélérer avec une inflation nationale qui atteint 2,1 % en juillet 2026, selon l'INSEE.

L'inflation touche les étudiants
L'inflation touche les étudiants

Si cette hausse des prix touche l'ensemble de la population, une catégorie est particulièrement fragilisée : les étudiants. Ces derniers voient à la fois le coût de leurs études et le coût de la vie quotidienne grimper. Face à cette situation, le syndicat UNEF lance un cri d'alerte.

Le loyer et les courses, le principal poids

Depuis dix ans, les étudiants voient leurs loyers augmenter, que ce soit dans le secteur privé ou dans les résidences Crous. Le syndicat UNEF observe une hausse d'environ 2,87 % dans le privé, contre 1,04 % pour les logements Crous.

Autre poste qui pèse sur le porte-monnaie des étudiants : l'alimentation. Dans une étude de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), publiée en janvier et réalisée auprès de 7 500 étudiants, 19 % d'entre eux déclarent ne pas manger à leur faim et sauter plus de trois repas par semaine. D'où la revendication du syndicat de généraliser la tarification sociale à l'ensemble des étudiants et d'élargir l'ouverture des restaurants universitaires le soir et le week-end, en attendant une réforme structurelle des bourses.

L'État pointé du doigt

L'UNEF pointe avant tout le désengagement de l'État. Selon le syndicat, les gouvernements successifs s'inscrivent dans « une logique plus large de désengagement de l'État de ses missions de service public dans l'enseignement supérieur : universités chroniquement sous-financées, Crous étouffés sous les coupes budgétaires, réforme des bourses enterrée, promesses de logements étudiants jamais tenues ».

Le syndicat rappelle également que la revalorisation du montant des bourses, promise en 2025, n'a toujours pas été mise en œuvre.

Des étudiants obligés de travailler

Pour financer son quotidien, Inès, étudiante infirmière, doit travailler l'été. « Je travaille 50 ou 60 heures par semaine et je suis épuisée. Je n'ai pas vu ma famille de tout l'été parce que je travaille, j'ai besoin d'argent », explique-t-elle. « La fac est déjà prenante physiquement et émotionnellement, parfois on a juste envie de souffler, mais on ne peut pas. »

D'autres étudiants sont même contraints de cumuler un emploi en parallèle de leurs études pendant l'année scolaire, ce qui représente une difficulté supplémentaire pour réussir leur cursus. « Le salariat étudiant est la première cause d'échec à l'université. Les réussites universitaires sont mises en danger par ces emplois de 25, 30 ou 35 heures par semaine », explique Manon Moret, présidente du syndicat UNEF.

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