Henri Sterdyniak : "finalement les entreprises ne s'en sortent pas si mal"

Henri Sterdyniak, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), était l'invité de Jean-Marie Bordry dans "Les vraies voix" le 27 juillet 2021 sur Sud Radio.

Henri Sterdyniak, invité de Jean-Marie Bordry dans "Les vraies voix" sur Sud Radio.

Selon les chiffres publiés par le ministère du Travail, au deuxième trimestre 2021 Pôle emploi comptait 50.600 demandeurs d'emploi en catégorie A en moins. Toujours est-il que, globalement, la situation sur le marché de l'emploi reste dégradée, et la situation économique globalement l'aurait été si les mesures de soutien n'étaient pas au rednez-vous, explique Henri Sterdyniak.

 

Henri Sterdyniak : "globalement, la situation en termes d’emploi reste dégradée"

"Cette baisse porte sur un trimestre. Si on regarde la situation depuis le début de la crise, il manque encore 200.000 emplois. Il y a donc certes une amélioration sur le trimestre, mais globalement la situation reste dégradée.

 


 

On remonte la pente. Les entreprises ont énormément bénéficié des aides de l’État. L’État a pris en charge la quasi-totalité de la chute de la production, que ce soit via le chômage partiel, le report de cotisations et impôts, les Prêts garantis par l’État. Finalement les entreprises ne s’en sortent pas si mal. Contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, on n’assiste pas actuellement à une vague de faillites."

"Si on a une quatrième vague, le gouvernement devra prendre des mesures"

"Pour le moment, tout se passe bien. On va voir les problèmes à la rentrée. Il faut voir si la situation se dégrade en septembre, en tout cas le risque est là. Naturellement, si on a une quatrième vague, le gouvernement devra prendre des mesures, notamment pour les Prêts garantis. Certains secteurs sont en difficulté : hôtels-cafés-restaurants, culture, services à la personne – cela représente 10% du PIB. Il faut absolument éviter toute hausse du chômage. Un certain nombre de mesures est déjà prévu.

Dans une situation tout à fait favorable, le gouvernement peut s’endetter à des taux négatifs à 10 ans. La Banque centrale européenne rachète les dettes publiques. Les ménages, qui ne peuvent pas consommer (en raison du pass sanitaire notamment), épargnent", a poursuivi Henri Sterdyniak.

 


 

Les marchés financiers ne s’inquiètent pas au sujet de la dette

Doit-on en conclure qu’à l’avenir, l’État peut s’endetter indéfiniment ? "Le système est quand même contrôlé par la BCE, par les marchés financiers, qui se disent qu’aujourd’hui il est nécessaire d’avoir des déficits importants, tous les pays européens ont des déficits importants, c’est pareil aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Donc les marchés financiers ne s’inquiètent pas, la BCE suit, il n’y a pas de tension inflationniste, il n’y a donc pas de problème. Si, il y a cinq ans, on avait pratiqué des politiques trop expansionnistes, les marchés financiers se seraient inquiétés, en revanche".

 

 

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